La dernière trouvaille du tout-numérique, c’est de fuir en fanfare et de préférence en groupe, sous les auspices de HelloQuitteX. Ce collectif, apparemment inspiré par une irrépressible envie de « libérer les espaces numériques », a fixé son grand soir pour le 20 janvier. Selon leur site web, ils orchestrent une soirée festive pour « fêter l’entrée dans une nouvelle ère numérique », mais qu’y a-t-il vraiment à célébrer ? Un départ groupé d’un réseau social, comme si quitter un navire qui ne coule même pas était un acte de bravoure.
L’art de quitter avec fracas
Un article récent sur le site de HelloQuitteX détaille leur plan, prétendant offrir une passerelle vers des réseaux sociaux plus « démocratiques ». Ils déclarent, sans rire, que le 20 janvier, les démocraties reprendront la main. Une affirmation audacieuse pour une simple migration de comptes en ligne. Pour ceux qui auraient raté ce grand moment de comédie, il y a même un point presse prévu avant l’événement.
86 organisations ont décidé de rejoindre ce mouvement. Ce qui prouve bien, une fois de plus, que le sentiment grégaire n’épargne pas les internautes. L’absurdité atteint des sommets lorsque l’on considère la justification de leur départ, attribuant à X (anciennement Twitter) des pouvoirs presque surnaturels sur les processus démocratiques.
Des raisons fallacieuses ?
L’argument principal de ce départ massif ? La plateforme aurait contribué à l’élection de Donald Trump, selon les dires de HelloQuitteX. Un argument repris sans cesse pour justifier une réaction viscérale plutôt que rationnelle. D’ailleurs, la tribune associée à cette sortie publique, parue dans Le Monde, ne manque pas de souligner combien X est devenu un lieu sans foi ni loi sous la houlette de son nouveau propriétaire, Elon Musk.
En fin de compte, HelloQuitteX et ses acolytes semblent plus intéressés par le spectacle de leur départ que par l’impact réel de celui-ci. Le 20 janvier, ils ont peut-être quitté X, mais les vastes questions sur la liberté d’expression, la modération et le rôle des réseaux sociaux dans nos démocraties resteront sans réponse. Finalement, ce n’est peut-être que l’illusion d’une action, un coup d’épée dans l’eau de l’internet mondialisé.
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