Le gouverneur de la Banque de France appelle à « avoir un budget »

Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, a appelé vendredi 25 septembre à l’adoption d’un budget avant la fin de l’année, afin de remettre les finances publiques sur une trajectoire soutenable. Interrogé sur Public Sénat, il a souligné qu’il fallait éviter un renchérissement progressif de l’endettement.

La Banque de France prévoit une croissance de 0,4 % en 2026, puis de 0,9 % en 2027. L’économie française ralentit sans entrer en récession, a-t-il constaté. Le PIB a reculé de 0,2 % au premier trimestre et stagné au second, sans « décrochage » par rapport aux voisins européens, a ajouté le gouverneur. Les facteurs qui pèsent sur 2026 ne se reproduiront pas en 2027, a-t-il dit, et la situation n’est pas comparable à celle de 2008, grâce à un secteur financier « bien capitalisé ».

Sans trajectoire descendante des déficits, « nous allons payer de plus en plus cher nos emprunts », a-t-il averti. Les OAT à 10 ans s’établissent autour de 4,5 % et le spread avec l’Allemagne est proche de 100 points de base, un niveau qu’il juge « beaucoup trop élevé ». Il a mis en garde contre un « étranglement progressif » des finances publiques sous l’effet de la hausse de la charge de la dette.

Emmanuel Moulin a appelé à une « responsabilisation de l’ensemble des forces politiques pour qu’il y ait un budget ». Le gouvernement minoritaire doit transmettre son projet de budget 2027 aux parlementaires jeudi prochain. Le gouverneur a insisté sur un budget « avec des économies », capable de ramener le déficit sur une pente descendante, pour éviter une crise de la dette souveraine avant l’élection présidentielle d’avril-mai 2027. Il a jugé « fallacieux » de compter sur la Banque centrale européenne pour régler les problèmes de dette, les leviers relevant des gouvernements nationaux et du Parlement.

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