Le Conseil d’État a confirmé vendredi la classification de La France insoumise dans le bloc « extrême gauche » pour les élections municipales de mars 2026, validant ainsi la décision du ministère de l’Intérieur contestée par le mouvement.
La juridiction administrative suprême a été saisie par LFI, mais aussi par l’UDR, le parti d’Éric Ciotti, qui contestaient leur positionnement respectif dans la grille des « nuances » politiques utilisée pour la présentation des résultats électoraux. La décision confirme également le classement de l’UDR dans le bloc « extrême droite ».
Cette évolution découle d’une circulaire adressée aux préfets début février, destinée à préciser les catégories politiques appliquées aux listes dans les communes de plus de 3 500 habitants en vue des scrutins des 15 et 22 mars. Dans ce document, La France insoumise apparaît désormais dans le regroupement « extrême gauche », aux côtés notamment de Lutte ouvrière et du Nouveau parti anticapitaliste.
Jusqu’à cette circulaire, le mouvement était classé dans la catégorie « gauche », au même titre que le Parti communiste. La nouvelle grille a suscité la contestation de LFI, dont les responsables ont dénoncé un choix politique. Manuel Bompard a regretté que la justice n’ait pas, selon lui, remis en cause l’usage de ces étiquettes.
Le ministère de l’Intérieur a justifié ce repositionnement en évoquant une évolution du mouvement vers une plus grande radicalité, citant notamment ses critiques répétées contre la police, sa remise en cause de l’autorité judiciaire ou encore ses appels à la désobéissance civile.
Dans sa décision, le Conseil d’État estime que la répartition des formations politiques entre les différents blocs ne révèle pas d’« erreur manifeste d’appréciation ». Il considère que, compte tenu du contexte politique et des alliances observées pour les municipales de 2026, le classement de LFI à l’extrême gauche et celui de l’UDR à l’extrême droite peuvent être retenus.
La décision intervient dans un climat politique déjà tendu autour de La France insoumise, confrontée à plusieurs controverses récentes. Elle fixe désormais le cadre administratif qui sera utilisé pour la présentation et l’agrégation des résultats électoraux lors des municipales de mars 2026.
Une décision juridique qui confirme la grille de lecture officielle des blocs politiques à quelques semaines du scrutin.
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