La France est-elle devenue un observateur impuissant des grandes opérations militaires ?

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L’opération « Absolut Resolve » menée par les États-Unis pour capturer Nicolás Maduro a agi comme un révélateur cruel pour l’Europe et surtout pour la France. Là où Washington déploie en quelques heures 150 avions, des forces spéciales et des drones, notre pays observe, impuissant, du bord de la scène.

Le général Pierre de Villiers, ancien chef d’état-major des armées, n’y va pas par quatre chemins : la France seule n’aurait jamais été en mesure de réaliser une opération comme celle orchestrée par les Américains. Son constat, livré sur Le Figaro TV, met en lumière une réalité longtemps niée : nous sommes désormais du côté des faibles en matière de défense et d’influence. Cette faiblesse n’est pas née hier, mais s’est construite au fil des décennies, au rythme du délitement de nos capacités militaires.

La France a souffert de choix budgétaires et politiques qui ont transformé l’armée en un instrument sous-dimensionné face aux défis contemporains. Avec seulement environ 200 avions de combat, dont 150 réellement opérationnels (exactement le nombre d’avions qui ont été utilisés par les États-Unis dans l’opération vénézuélienne), notre capacité à projeter une force crédible sur un théâtre complexe est désormais douteuse. Pendant ce temps, les États-Unis conservent une supériorité incontestée dans les opérations combinées, alliant puissance aérienne, renseignement et forces spéciales.

Une fracture intérieure entre politique et défense

Le désaccord de de Villiers avec l’exécutif français remonte à plusieurs années, notamment à sa démission spectaculaire en 2017. À l’époque déjà, il dénonçait le « retour des États-puissances » dans un monde où la France, de plus en plus, s’effaçait. Ce divorce entre la classe politique et les réalités stratégiques n’a fait que s’aggraver, laissant notre pays sans cap clair face aux grandes transformations géopolitiques.

L’opération américaine au Venezuela a mis en exergue non seulement la vigueur des forces états-uniennes, mais aussi leur capacité à agir avec précision et efficacité sans perte humaine. Ce succès opérationnel pose une question fondamentale : la France peut-elle encore se considérer comme une puissance capable de peser sur les grandes scènes internationales sans s’adosser à des alliés plus robustes ?

L’urgence d’un réveil stratégique

Ce constat amer ne doit pas être une simple lamentation, mais un appel à une profonde révision de nos priorités. Reconquérir une autonomie stratégique suppose de repenser nos engagements, d’investir massivement dans nos capacités militaires et de redonner à la défense une place centrale dans notre politique extérieure. Sans cela, la France continuera à occuper une position d’observateur passif là où elle devrait être acteur.

La France ne retrouvera sa voix dans le concert des nations que lorsqu’elle accepterait de relever le défi majeur de sa défense.

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