Helsinki et Paris ont fait savoir lundi par une déclaration commune que la Finlande s’associe à la dissuasion nucléaire « avancée » qu’Emmanuel Macron avait proposée en mars aux Européens.
Les deux capitales ont précisé qu’« un groupe de pilotage nucléaire sera établi dans les prochains mois pour commencer la mise en œuvre de cette coopération ». Avec cet engagement, dix États européens participent désormais à l’initiative française.
Sur le réseau X, le président Alexander Stubb a jugé que la démarche française vise « avant tout à renforcer la sécurité européenne » et à « prévenir les escalades », sans se « substituer » à la « dissuasion nucléaire de l’Otan ». « Pour la Finlande, le cadre prioritaire d’action reste l’Otan et l’Union européenne », a-t-il poursuivi, en indiquant que Helsinki n’envisage pas le stationnement d’armes nucléaires « sur son territoire en temps de paix ».
Cette annonce s’accompagne d’un partenariat stratégique franco‑finlandais : les ministres des Affaires étrangères des deux pays doivent le signer lundi après‑midi à Helsinki.
Seuls la France et le Royaume‑Uni disposent de l’arme nucléaire en Europe. Le dispositif ouvert par Paris permet à des États volontaires de s’y associer, la décision d’emploi demeurant toutefois du seul ressort du président français.
Début mars, depuis la base de l’île Longue, près de Brest, Emmanuel Macron a redéfini la doctrine nucléaire française. Il s’agit d’étendre la portée de cette dissuasion au bénéfice des partenaires européens — via des manœuvres communes et, le cas échéant, l’envoi provisoire de composantes des forces nucléaires françaises à l’étranger — sans céder la maîtrise nationale de l’arme.
Dès le départ, huit capitales y avaient pris part : Allemagne, Belgique, Danemark, Grèce, Pays‑Bas, Pologne, Royaume‑Uni et Suède. La Norvège s’y est ajoutée en mai.
Longue de 1 340 kilomètres, la frontière terrestre avec la Russie a conduit la Finlande à durcir sa posture de défense après le début de l’invasion russe de l’Ukraine, en février 2022. Le pays est entré dans l’Otan en avril 2023. En juin, le Parlement finlandais a voté une loi mettant fin à l’interdiction absolue des armes nucléaires sur le sol national.


