La filière de la puériculture a plaidé lundi pour placer la natalité au cœur de la campagne présidentielle, dans le but de rapprocher le souhait d’avoir un enfant et le passage à l’acte.
Le salon professionnel du secteur, ouvert lundi et mardi à Paris, a servi de cadre à cette prise de parole. Olivier Rigal, vice‑président en charge de la puériculture à la Fédération française des industries jouets et puériculture (FFPJ), a résumé ainsi l’enjeu : « Au fond, le sujet, ce n’est pas le désir d’avoir des enfants. Le sujet, c’est la capacité à se projeter. » Puis : « Avoir envie d’un enfant ne suffit plus. Il faut avoir confiance dans les conditions qui permettent de l’accueillir. »
Un baromètre Nova Child réalisé pour la FFPJ indique que 56 % des femmes déjà mères souhaitent un enfant, proportion supérieure à celle observée au cours des huit années précédentes. Parmi elles, le sentiment de confiance envers l’avenir recule : 6,5 % en 2026, contre 7,1 % en 2018. « Quand on demande aux futurs parents ce qui les préoccupe, ils parlent d’abord du pouvoir d’achat, du climat social, de la santé, de l’environnement ou encore du contexte géopolitique », a détaillé Olivier Rigal.
D’après l’Insee, l’année 2025 a marqué un basculement démographique inédit depuis 1945 : 651 000 personnes sont décédées, tandis que 645 000 naissances seulement ont été enregistrées.
Entre août 2025 et juillet 2026, le chiffre d’affaires de la puériculture a fléchi de 1,1 %, après un repli de 5,2 % sur la période antérieure. Les volumes écoulés ont, eux, baissé de 3,8 %.
« On a des messages pour 2027 », a affirmé Olivier Marin, vice‑président puériculture de la Fédération des commerces spécialistes des jouets et produits de l’enfant (FCJPE). Pour combler l’écart entre aspiration et naissance effective, « la réponse doit être extrêmement collective et appréhendée par les pouvoirs publics », a‑t‑il insisté. Parmi les leviers évoqués figurent le logement, l’offre de garde et l’articulation entre travail et vie de famille : « ce qui permet de se projeter, c’est la cohérence de l’ensemble des mesures », a‑t‑il soutenu.
Sarah El Haïry, haute‑commissaire à l’Enfance, assistait à la conférence. Elle a fixé au 9 novembre l’organisation de « Choose Kids », calqué sur Choose France. « Choose Kids, c’est une journée où des investisseurs vont prendre l’engagement, j’espère, d’analyser l’impact de leur industrie sur les enfants et sur la parentalité. Et à l’inverse, féliciter et saluer, donner à voir, ces directions ou ces politiques RH qui font le choix et la place des enfants et des familles au sein de leur parcours », a‑t‑elle précisé, annonçant aussi la présence de chercheurs et de coalitions internationales.


