La droite la plus bête du monde : la machine à perdre s’active encore à Paris

Capture France 5

À chaque élection importante, le même scénario se répète. À droite, on proclame vouloir gagner. Puis, méthodiquement, on s’emploie à faire exactement l’inverse. La dernière déclaration de Rachida Dati sur les municipales parisiennes en offre une nouvelle illustration.

Invitée jeudi soir sur CNews, la candidate soutenue par Les Républicains et le MoDem a réaffirmé qu’une alliance avec Sarah Knafo, tête de liste du mouvement Reconquête, n’était « pas possible ». Le message est clair : plutôt perdre que s’entendre.

Une droite incapable de s’additionner

La scène politique parisienne est pourtant limpide. Plusieurs candidats de droite ou proches de la droite se présentent séparément. Dans un système électoral où le second tour dépend des rapports de force du premier, la logique élémentaire voudrait que ces forces tentent au minimum de ne pas se neutraliser.

Mais non.

Depuis des décennies, la droite française semble s’être donné pour mission de transformer chaque compétition électorale en exercice d’autodestruction. Les adversaires idéologiques ne sont pas combattus avec la même énergie que les voisins politiques.

Résultat : les électeurs regardent, souvent médusés, des responsables censés partager un socle d’idées préférer la défaite à l’accord.

L’argument moral, refuge des stratégies perdantes

Pour justifier son refus d’alliance, Rachida Dati invoque notamment certaines prises de position de Sarah Knafo, évoquant des propos sur le « grand remplacement » ou encore une critique ancienne liée à la vie personnelle de la candidate LR.

Ces différends existent. Mais la politique n’est pas un club de pureté morale. Elle repose sur des coalitions, des compromis et des arbitrages.

Or, dans cette campagne parisienne, la droite semble déterminée à se battre avant tout contre elle-même. Pendant que les sensibilités voisines s’écharpent, leurs adversaires observent la scène avec un confort certain.

Une tradition bien française

Cette incapacité à construire des alliances n’est pas nouvelle. Elle constitue presque une constante de la droite française contemporaine.

Pendant que la gauche a souvent su se rassembler derrière des fronts communs, la droite se spécialise dans les querelles d’étiquettes, les exclusions symboliques et les déclarations d’impossibilité absolue.

Le paradoxe est frappant : ceux qui dénoncent l’échec électoral répété reproduisent exactement les mécanismes qui le rendent inévitable.

Paris, laboratoire de la défaite annoncée

Dans une ville comme Paris, où les équilibres électoraux sont fragiles et les triangulaires fréquentes, la division est presque une garantie de défaite.

Chaque camp espère que l’autre disparaîtra ou s’effondrera de lui-même. En pratique, chacun affaiblit simplement l’ensemble.

Et pendant ce temps, les électeurs de droite assistent, une fois encore, au spectacle bien rodé de ce qui ressemble de plus en plus à une spécialité nationale : transformer une élection difficile en défaite certaine.

La droite française a parfois été brillante, souvent courageuse, mais sur un point au moins elle reste championne incontestée : l’art, parfaitement maîtrisé, de perdre toute seule.

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