La DGA confie à Airbus le contrat PARACOM de cybersécurité pour 25 ans

La Direction générale de l’armement (DGA) a attribué le 23 septembre à Airbus Cybersecurity SAS le contrat PARACOM, pour une durée de 25 ans, à l’issue d’un appel d’offres concurrentiel. Le montant n’a pas été rendu public.

Le marché porte sur la conception, le développement, la production et le maintien en condition opérationnelle de passerelles de cybersécurité destinées aux réseaux du ministère des Armées et des Anciens Combattants. Ces équipements permettent des échanges de données sécurisés et filtrés entre systèmes et réseaux relevant de niveaux de classification différents, du « secret » jusqu’au non protégé ou non classifié. Ils seront certifiés et homologués pour cette plage d’emploi.

Le déploiement concernera les sites fixes du ministère comme les théâtres d’opérations. Les passerelles seront disponibles en version rack pour centres de données, en unités autonomes pour postes de commandement, ou dans des configurations adaptées aux contraintes tactiques — vibrations, température, encombrement et alimentation. Le programme PARACOM couvrira les centres informatiques, les postes de commandement et les systèmes embarqués à bord d’avions, d’hélicoptères, de navires, de sous-marins, de drones et de véhicules terrestres.

« L’armée a besoin de cette passerelle pour pouvoir à la fois protéger ses systèmes qui contiennent des informations secrètes et permettre, dans des conditions très maîtrisées, d’échanger des données entre des réseaux de niveau secret et des réseaux de niveau moins secret », a déclaré Nicolas Razy, directeur des activités de cybersécurité d’Airbus France. Il a précisé : « Quand le général envoie son ordre à un colonel qui envoie son ordre à un commandant qui envoie son ordre à un capitaine, à un moment, on va passer du niveau secret au niveau restreint. »

Les passerelles contrôlent que les informations transmises ne relèvent plus du secret, peuvent imposer un flux unidirectionnel, consignent les échanges à des fins de traçabilité et font souvent intervenir un opérateur humain. « Il ne faut pas qu’on ait des informations de dissuasion nucléaire qui passent sur le réseau qui n’est pas censé les héberger », a souligné M. Razy. Il a ajouté que « le moindre système a de la donnée numérique » et que « dans un véhicule ou un avion peuvent ainsi circuler dans le même temps des données de niveau secret, restreint ou non protégé ».

Une fois déployées, ces passerelles constitueront une « pierre angulaire » de la cybersécurité du ministère.



Le Journal des Francais