Les taux d’emprunt de la France à dix ans oscillent entre 4,70 % et 5 %. L’écart avec l’Allemagne atteint environ 140 points de base, contre moins de 90 points il y a un mois.
Cette semaine, le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a reconnu que « la situation est grave », en lien avec le déficit élevé et l’incertitude politique sur le budget.
L’économiste Robin Brooks, de la Brookings Institution, affirme : « La France est dans une crise de la dette et il n’y a aucun suspense sur la façon dont cela se terminera. La BCE interviendra ».
Une intervention de la Banque centrale européenne n’est pas exclue si l’écart de taux atteint un seuil d’alerte. Elle reste toutefois improbable à très court terme.
Trois instruments
La BCE dispose de trois outils. Le TPI permet des rachats ciblés d’obligations ; il n’a pas été activé depuis 2022, et la France ne remplit pas tous les critères théoriques, une procédure pour déficit excessif étant en cours. La reprise des réinvestissements des obligations arrivant à échéance constitue une option plus limitée. En dernier recours, l’OMT ouvre la voie à des rachats illimités, conditionnés à un plan d’ajustement.


