Le procès de Jean-Michel Genestier, ancien maire divers droite du Raincy (Seine-Saint-Denis), s’est ouvert lundi 5 octobre devant le tribunal correctionnel de Bobigny. L’audience doit durer quatre semaines.
La présidente et ses assesseurs ont mis plus de deux heures et demie à exposer les charges retenues contre les dix-sept personnes physiques et les onze personnes morales encore poursuivies. L’avocat de la commune, partie civile, a indiqué que le dossier avait compté plus d’une quarantaine de mis en cause au départ, avant la radiation de certaines sociétés ou le recours à des procédures de plaider coupable.
Les faits reprochés relèvent notamment du détournement de fonds publics, de la prise illégale d’intérêt, du favoritisme, de la corruption active et passive, du blanchiment et de la négligence, ainsi que de surfacturations et de rétrocommissions. Ils se situent pour l’essentiel entre 2015 et 2023, période qui recoupe en grande partie le mandat de M. Genestier, maire de 2014 à 2026. La commune est parfois surnommée « le petit Neuilly du 93 ».
Il est notamment reproché à l’ancien édile d’avoir embauché, entre 2015 et 2018, Anissa P., une proche, comme adjointe administrative contractuelle, en méconnaissance des règles de la fonction publique territoriale. La présidente du tribunal a aussi relevé une rémunération jugée non conforme à la qualification et à l’expérience de l’intéressée.
Après son passage en mairie, où elle a notamment été chargée du suivi des travaux, Anissa P. a bénéficié de marchés publics sans mise en concurrence, ou dans des conditions ne permettant pas une égalité de traitement entre candidats. Elle est elle‑même renvoyée devant le tribunal pour avoir fait profiter plusieurs entreprises de contrats en échange de rétrocommissions et de surfacturations au préjudice de la ville.
La présidente a indiqué que certains marchés avaient été attribués à des sociétés dirigées par la fille d’Anissa P. ou par des hommes avec lesquels celle-ci entretenait des « relations amoureuses ». Il est également reproché à Jean-Michel Genestier, qui a validé les bons de commande litigieux, d’avoir tiré des avantages de l’octroi de contrats, notamment sous la forme de travaux à son domicile.
Me Antoine Savignat, qui représente la Ville du Raincy, a fait état à l’AFP d’un « préjudice considérable » pour la commune, estimé à plusieurs centaines de milliers d’euros au minimum.
À la sortie de l’audience, Jean-Michel Genestier a affirmé n’avoir « pas gagné un centime » et avoir signalé les faits à la justice « chaque fois » que cela était possible.


