L’État prévoit d’emprunter un record de 340 milliards en 2027

Mardi 29 septembre, l’Agence France Trésor (AFT) a annoncé un besoin de financement prévisionnel de l’État de 339,7 milliards d’euros pour 2027, soit 28 milliards de plus que le besoin 2026 révisé. Pour y répondre, le programme d’émissions de titres à moyen et long terme est fixé à 340 milliards d’euros nets de rachats, après 311,7 milliards en 2026.

Cette hausse s’explique avant tout par le bond de 19,4 milliards d’euros des amortissements de titres à moyen et long terme : les emprunts contractés ces dernières années, en particulier lors des chocs sanitaire et énergétique, parviennent peu à peu à échéance. S’y ajoute aussi le basculement sur les marchés du soutien européen au plan national de relance et de résilience (PNRR) une fois celui-ci achevé fin 2026 ; ce concours pesait encore 6,1 milliards d’euros en 2026.

La charge budgétaire de la dette de l’État est estimée à 72,9 milliards d’euros, contre 62,6 milliards en 2026, selon la loi de finances. Le ministère de l’Économie retient, pour sa part, 65 milliards d’euros pour 2026, via une méthode de calcul un peu différente.

« La nouvelle dette est émise à un taux qui est très supérieur aux dettes qui arrivent à échéance », a détaillé le directeur général de l’AFT, Antoine Deruennes. Pour 2027, l’État table sur un taux d’intérêt de 4,3 % sur ses emprunts à dix ans. Mardi, le rendement des obligations françaises à dix ans s’inscrivait à 4,80 %.

Sur les marchés obligataires, les taux longs s’orientent à la hausse. La Banque centrale européenne a relevé ses taux à deux reprises cette année ; la Réserve fédérale, une fois. Ces montants ne portent que sur la dette des administrations de l’État : ils n’englobent ni la Sécurité sociale ni les collectivités locales, qui entrent dans la dette publique totale. Ils sont dévoilés deux jours avant le projet de loi de finances pour 2027, dont l’objectif de déficit public s’établit à 5,0 % du PIB.

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