Le directeur général adjoint d’OHB, Markus Moeller, a indiqué mardi que l’avion spatial Vortex, développé par Dassault Aviation et le groupe allemand OHB, pourrait à terme emporter des équipages. L’engin est conçu comme une alternative aux capsules.
Vortex « est tout à fait prévu aussi pour le vol habité », a déclaré Markus Moeller lors d’une rencontre avec l’association des journalistes de l’aérospatial (AJPAE).
La semaine dernière, le premier sommet international sur l’espace, réuni à Paris, a placé parmi les priorités européennes le développement de capacités propres de vol habité, sur fond de remise en question de la coopération spatiale avec les États-Unis sur certains programmes d’exploration.
Lancé par Dassault Aviation au Salon du Bourget en juin 2025, le projet a accueilli OHB en mai 2026. L’État français lui a apporté son soutien la semaine dernière. La collaboration ouvre un nouveau chantier franco-allemand après l’abandon, en juin 2026, du programme SCAF d’avion de combat européen, freiné par des divergences industrielles entre Dassault, côté français, et Airbus, côté allemand.
Markus Moeller évoque « deux compétences qui se rejoignent » et des dirigeants de groupes familiaux qui « s’entendent très bien ».
Un démonstrateur à échelle réelle doit être mis en œuvre en 2028 pour tester la rentrée atmosphérique, le comportement des matériaux aux très hautes températures et l’atterrissage. Un prototype à vocation opérationnelle est envisagé pour 2031. Aucune échéance n’est fixée pour un éventuel vol avec équipage.
Alain Bories, conseiller du PDG d’OHB, estime que la mini-conférence ministérielle de l’Agence spatiale européenne (ESA) prévue le 15 décembre à Rome devrait « donner des orientations ».
« Le vol habité en soi est très compliqué parce qu’il faut prendre tellement de précautions », souligne Markus Moeller, qui juge que l’essor de stations spatiales privées pourrait créer un besoin durable de présence humaine en orbite basse.
À la différence d’une capsule, Vortex vise un retour dans l’atmosphère suivi d’un atterrissage piloté et programmé sur piste. Les responsables d’OHB notent qu’une capsule conserve des avantages, mais qu’« on pilote moins bien les zones d’atterrissage et les récupérations ».


