Jack Lang, sa famille et Epstein : chronologie précise d’un enchevêtrement de relations et d’affaires

DR

La publication, par le département américain de la Justice, d’une nouvelle série de documents issus des procédures liées à Jeffrey Epstein a remis en lumière des relations anciennes entre le financier américain et diverses personnalités internationales. Ces documents — courriels, pièces comptables, actes juridiques — n’imputent pas en soi des crimes aux personnes citées, mais détaillent des interactions, des échanges et des montages financiers.

En France, l’attention s’est portée sur Jack Lang, ancien ministre de la Culture, et sur sa fille aînée Caroline Lang, dont les noms apparaissent à plusieurs reprises.

Les déclarations publiques de Jack Lang

Interrogé par l’AFP, Jack Lang a déclaré « assumer pleinement » les liens qu’il a pu nouer avec Jeffrey Epstein, tout en affirmant n’avoir jamais eu connaissance de ses crimes. Il replace ces relations dans un contexte de sociabilité culturelle et mondaine des années 2000–2010, évoquant un homme perçu alors comme un mécène cultivé, fréquentant artistes, intellectuels et responsables politiques.


Jack Lang affirme avoir découvert les crimes d’Epstein tardivement, comme le grand public, et dit être « tombé des nues » lors des révélations judiciaires américaines.

Le rôle et la démission de Caroline Lang

Caroline Lang, figure reconnue du monde du cinéma et de la production indépendante, a annoncé sa démission du poste de déléguée générale du Syndicat de la production indépendante (SPI) quelques semaines seulement après sa prise de fonction. Elle explique ce départ par la volonté de ne pas exposer l’organisation à une polémique extérieure.

Dans un communiqué transmis à l’AFP, elle décrit Jeffrey Epstein comme une « connaissance » rencontrée en 2012, présenté à l’époque comme un mécène intéressé par l’art. Elle évoque un projet de fonds d’acquisition d’œuvres, qu’elle jugeait alors légal et pertinent, tout en affirmant n’avoir perçu aucune rémunération ni avantage personnel.

La société offshore Prytanee LLC

Les documents cités par Mediapart détaillent la création, en 2016, d’une société offshore baptisée Prytanee LLC, immatriculée à Saint-Thomas, aux îles Vierges américaines. Cette structure, destinée à l’acquisition d’œuvres d’art, aurait vu transiter environ 1,4 million de dollars.

Selon ces éléments, Caroline Lang détenait 50 % des parts via un trust, tandis que les fonds provenaient de sociétés contrôlées par Jeffrey Epstein. Un courriel attribué à l’avocat du financier, Darren Indyke, évoque un montage dans lequel Epstein apportait les capitaux et Caroline Lang son expertise artistique.

Reconnaissance d’erreurs déclaratives

Interrogée par Mediapart, Caroline Lang a reconnu ne pas avoir déclaré cette société au fisc français, évoquant une « naïveté confondante » et une sous-estimation des implications juridiques et fiscales. Elle affirme ne pas avoir investi de fonds personnels dans la structure et avoir demandé à se retirer de toute fonction liée à cette société après les révélations sur Epstein.

Les échanges autour d’un riad à Marrakech

Un autre volet documenté concerne des échanges de courriels datés de mars 2015, relatifs à la vente d’un riad situé à Marrakech, le « Ksar Masa ». Les courriels montrent des discussions directes entre Jeffrey Epstein et des membres de la famille Lang, concernant le prix et les modalités de la transaction.

Dans l’un de ces messages, le prix de 5,4 millions d’euros est évoqué, avec la mention « offshore ». Interrogé ultérieurement, Jack Lang a indiqué ne pas se souvenir précisément de cet épisode, expliquant avoir probablement relayé, sans commentaire personnel, les prétentions du vendeur.

Le testament financier d’Epstein

Les documents américains mentionnent également un testament financier signé par Jeffrey Epstein deux jours avant sa mort en prison en août 2019. Caroline Lang y figure parmi les bénéficiaires potentiels, pour un montant de 5 millions de dollars. Elle affirme avoir ignoré l’existence de cette disposition et indique avoir demandé la liquidation de la société commune après le décès du financier.

Rappel juridique et portée des documents

La simple apparition d’un nom dans les dossiers Epstein ne constitue pas une preuve d’infraction pénale. Les documents rendus publics décrivent des relations, des flux financiers et des échanges, sans qualifier juridiquement les comportements des personnes citées.

Ils mettent néanmoins en évidence des liens durables, parfois financiers, entre Epstein et certaines personnalités, liens que plusieurs intéressés avaient auparavant minimisés ou présentés comme purement mondains.

0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires


Le Journal des Francais