Les bombardements ont repris avec intensité dans la nuit de jeudi à vendredi au Liban, alors que l’armée israélienne poursuit une campagne militaire visant les positions du Hezbollah. L’aviation de Tsahal a mené une série de frappes contre plusieurs bastions du mouvement chiite allié de l’Iran, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth, un secteur considéré comme l’un des principaux fiefs du groupe.
Selon les informations relayées par les autorités locales, au moins dix immeubles ont été touchés dans le quartier de Dahiyé, tandis que d’autres frappes ont visé différentes zones du sud du Liban. Ces bombardements ont provoqué des mouvements de panique parmi la population. Des dizaines de milliers d’habitants ont quitté les quartiers visés à Beyrouth, tandis que près de 90.000 personnes ont déjà fui leurs villages dans le sud du pays.
Une escalade dans un contexte de guerre régionale
Cette nouvelle phase d’opérations intervient dans un contexte de tensions régionales particulièrement élevées. Depuis la fin février, Israël est engagé dans une confrontation ouverte avec l’Iran, ce qui a contribué à élargir le théâtre des opérations au Liban, où le Hezbollah agit comme l’un des principaux relais militaires de Téhéran.
Malgré l’existence d’un cessez-le-feu instauré en novembre 2024, les hostilités ont repris ces derniers jours. L’armée israélienne affirme avoir lancé plusieurs séries de frappes en réponse à des tirs de roquettes du Hezbollah contre la ville de Haïfa. Depuis le début de cette nouvelle offensive, l’aviation israélienne aurait mené plus de vingt-six vagues de bombardements.
Parallèlement aux frappes aériennes, des unités terrestres israéliennes ont progressé dans certaines zones du sud du Liban. Le chef d’état-major de Tsahal, Eyal Zamir, a indiqué avoir ordonné aux forces israéliennes d’étendre leur zone de contrôle le long de la frontière afin d’établir des positions stratégiques.
L’objectif d’une zone tampon au sud du Liban
Israël cherche à remodeler la situation militaire le long de sa frontière nord. L’état-major envisage la création d’une zone tampon destinée à empêcher les infiltrations et les tirs de missiles antichars visant les localités israéliennes proches du Liban.
Selon des sources diplomatiques, Israël pourrait tenter de contrôler une bande de territoire de 10 à 15 kilomètres de profondeur au sud du Liban. Une stratégie similaire avait déjà été mise en place après l’invasion israélienne de 1982, lorsque l’armée israélienne avait maintenu une zone de sécurité au Liban jusqu’à son retrait en 2000.
L’armée israélienne reste toutefois prudente dans ses déclarations publiques et n’a pas confirmé officiellement l’extension de cette zone tampon.
Un Hezbollah affaibli mais toujours armé
Créé en 1982 avec le soutien des Gardiens de la révolution iraniens, le Hezbollah constitue depuis plusieurs décennies l’un des principaux adversaires militaires d’Israël. Le mouvement dispose d’un important arsenal de roquettes et de missiles capables d’atteindre une grande partie du territoire israélien.
Cependant, plusieurs analystes estiment que le groupe a subi de lourdes pertes lors de sa dernière confrontation avec Israël en 2024. Certaines évaluations avancent que ses capacités militaires auraient été réduites d’environ 80 %. Le Hezbollah disposerait encore d’environ 25 000 roquettes et d’un millier de drones.
Dans ce contexte, certains responsables israéliens considèrent que la situation actuelle offre l’occasion de réduire davantage les capacités militaires du mouvement.
Une campagne militaire limitée pour l’instant
Malgré l’intensification des frappes, Israël semble pour le moment privilégier une stratégie reposant principalement sur l’aviation et des incursions terrestres limitées. Une invasion de grande ampleur du Liban ne paraît pas être envisagée à court terme.
Plusieurs analystes estiment que l’effort militaire principal d’Israël reste concentré sur sa confrontation avec l’Iran. Les forces israéliennes seraient actuellement trop sollicitées sur plusieurs fronts pour lancer une offensive terrestre massive au Liban.
Dans ce contexte de guerre régionale élargie, le front libanais demeure néanmoins l’un des points les plus sensibles du conflit au Moyen-Orient. Une aggravation des affrontements entre Israël et le Hezbollah pourrait entraîner une nouvelle déstabilisation du Liban et accentuer encore les tensions dans l’ensemble de la région.
Une chose apparaît déjà certaine : la frontière entre Israël et le Liban redevient l’un des théâtres stratégiques majeurs du conflit moyen-oriental.
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