La France prévoit de franchir un seuil inédit en matière de commandes militaires. Selon les orientations présentées par la Direction générale de l’armement (DGA), l’année 2026 devrait se traduire par environ 42 milliards d’euros d’achats d’équipements et de matériel destinés aux forces armées. Ce niveau marque une progression par rapport à 2025, où les commandes s’étaient élevées à 38 milliards d’euros.
Une hausse marquée des investissements militaires
Cette augmentation s’inscrit dans un contexte de renforcement des capacités militaires françaises. Le budget global des Armées pour 2026 atteindrait environ 57 milliards d’euros, dont une part importante serait consacrée aux acquisitions d’équipements. Les autorités mettent en avant la nécessité d’adapter l’appareil militaire aux évolutions des conflits contemporains et aux exigences d’une possible guerre de haute intensité.
Selon la DGA, environ 90 % des commandes prévues devraient bénéficier à l’industrie française de défense, également appelée base industrielle et technologique de défense. Cette orientation vise à soutenir la souveraineté stratégique tout en consolidant le tissu industriel national.
La priorité donnée aux munitions
Parmi les axes majeurs de ces investissements figure la reconstitution des stocks de munitions. Plusieurs rapports parlementaires ont souligné ces dernières années que les réserves françaises demeuraient insuffisantes pour soutenir un engagement prolongé de forte intensité.
Dans cette optique, des commandes sont prévues pour différents types de missiles et d’obus. Cela concerne notamment les missiles Meteor, MICA et AASM, utilisés sur les avions de combat Rafale, ainsi que des obus d’artillerie de 155 mm. Des programmes de développement de nouveaux missiles de croisière sont également évoqués.
La modernisation du Rafale au cœur du programme
L’avion de combat Rafale constitue un autre pilier de la stratégie d’équipement. Entré en service au début des années 2000, l’appareil doit faire l’objet d’une modernisation importante. Cette évolution devrait concerner principalement les moteurs, les radars, les systèmes électroniques et les capteurs, afin de répondre aux nouvelles menaces, notamment dans le domaine de la guerre électromagnétique.
Cette rénovation dite de « mi-vie » vise à prolonger la compétitivité opérationnelle de l’avion dans un environnement technologique en rapide mutation.
Des acquisitions pour l’armée de Terre
Les investissements concernent également les forces terrestres. Les stocks de véhicules blindés récents, notamment les modèles Griffon, Jaguar et Serval, devraient être renforcés afin d’améliorer les capacités opérationnelles des unités.
Ces programmes s’inscrivent dans la transformation plus large des équipements terrestres engagée depuis plusieurs années, notamment dans le cadre du programme Scorpion, destiné à moderniser les moyens de combat et les systèmes d’information tactiques.
Une transformation organisationnelle de la DGA
Au-delà des commandes, les autorités souhaitent accélérer les processus d’acquisition. La DGA entend réduire la durée des circuits décisionnels en rapprochant davantage les utilisateurs militaires, les ingénieurs et les industriels. Cette méthode doit permettre de concevoir plus rapidement des prototypes, de tester les équipements sur le terrain et d’ajuster plus efficacement les commandes.
L’objectif affiché consiste à répondre plus rapidement aux besoins opérationnels, dans un contexte où les technologies évoluent rapidement et où les conflits récents ont mis en évidence l’importance de la réactivité industrielle.
Une stratégie inscrite dans le contexte international
L’augmentation des commandes militaires intervient dans un environnement géopolitique marqué par la guerre en Ukraine et par le retour de conflits de haute intensité en Europe. Les autorités françaises évoquent régulièrement la nécessité de préparer les forces armées à ce type d’engagement et d’adapter le modèle militaire aux nouvelles formes de confrontation.
Cette orientation s’inscrit également dans la volonté politique de soutenir une économie de défense capable de produire plus rapidement et en plus grande quantité.
Cette montée en puissance des commandes militaires traduit une adaptation progressive du modèle de défense français aux réalités stratégiques contemporaines.

