Six syndicats de personnels navigants techniques (PNT) et commerciaux (PNC) ont déposé un préavis de grève nationale : du samedi 17 octobre à 00h01 au mercredi 21 octobre à 23h59, heure de Paris, les navigants des compagnies placées sous la législation française sont appelés à interrompre le travail.
La contestation porte sur la réforme du cumul emploi-retraite qui s’appliquera au 1er janvier 2027. Elle prévoit qu’un assuré parti à la retraite avant l’âge légal — 64 ans à terme — et reprenant une activité verra l’intégralité de ses revenus d’activité retranchée de sa pension. De l’ouverture des droits jusqu’à 67 ans, la moitié des revenus d’activité dépassant un certain seuil sera retranchée de la pension. Au-delà de 67 ans, le cumul sans restriction restera autorisé.
Les organisations syndicales estiment la réforme « punitive et inadaptée » aux particularités du métier : contrôles médicaux rigoureux pouvant forcer une fin de carrière anticipée et une limite d’âge fixée par le Code des transports. Elles reprochent au gouvernement de n’avoir pas écarté les personnels navigants, alors que les PNT de la sécurité civile et des transports sanitaires le sont.
Dans un communiqué, l’intersyndicale écrit : « Nous n’avons aucune garantie fiable contrairement à d’autres populations qui, elles, sont d’ores et déjà exclues dans la loi voire dans le futur décret d’application comme les PNT de la sécurité civile et des transports sanitaires ».
Les navigants cotisent à la Caisse de retraite du personnel navigant (CRPN). Cette caisse autonome gère les retraites ; ses réserves sont importantes et l’État n’y contribue pas. Les syndicats redoutent que la réforme touche directement les pensions qu’elle verse.
Des échanges se sont tenus depuis plusieurs mois. L’intersyndicale juge insuffisantes les pistes gouvernementales d’exemption partielle par circulaire administrative, assorties d’un écrêtement de la CRPN, y voyant des « promesses limitées ». Elle se dit « prête dès aujourd’hui à discuter à nouveau avec le gouvernement » pour obtenir l’exclusion totale des personnels navigants.
L’appel vise l’ensemble des vols des compagnies aériennes relevant de la législation française.


