Lors du Conseil de Paris du mardi 6 octobre, Emmanuel Grégoire a fait état de la « disponibilité de la mairie pour accompagner » le mouvement lycéen. Le maire socialiste souhaite que les assemblées puissent se tenir dans les mairies d’arrondissement gérées par la gauche — neuf sur dix-sept — pour que les lycéens se réunissent à l’abri de « violences policières ».
Devant la presse, il a estimé que « le mouvement lycéen doit pouvoir s’exprimer en toute sécurité ». L’accès aux locaux, a-t-il précisé, interviendra dans les jours à venir « à l’initiative des lycéens ».
La suspension des cours en fin de semaine décidée par le Premier ministre Sébastien Lecornu, prévue pour un « temps de démocratie interne » dans les lycées, a été saluée par l’édile : la mesure « semble pour la première fois aller dans le bon sens ». Il a indiqué que le lien entre cette pause et l’ouverture des mairies restait à préciser.
Un vœu voté par le Conseil de Paris déplore « les blessures, dont certaines graves, subies par des lycéens lors d’interventions des forces de l’ordre » et vise aussi des images « témoignant de violences policières », à l’origine d’enquêtes.
En évoquant un incident survenu lundi à Lens, M. Grégoire a déclaré : « Collectivement on ne peut pas accepter qu’un enfant ait la main arrachée ». Il a assuré que « des lycéens très pacifistes » expriment leur « angoisse de la confrontation directe avec les forces de l’ordre ».
Se disant « choquée », l’opposition de droite a quitté l’hémicycle. Son chef de file, Grégory Canal, a reproché au maire d’instrumentaliser les angoisses et d’évoquer des « violences policières en utilisant les expressions de LFI », tout en qualifiant le vœu d’« inique ». L’élu du XVe arrondissement a ajouté que l’opération se ferait « sans les arrondissements de l’ouest qui n’ont pas vocation à devenir le nouveau Club des cordeliers payé par le contribuable parisien ».
Geoffroy Boulard, maire LR du XVIIe, a regretté que M. Grégoire n’ait « jamais apporté publiquement son soutien aux policiers nationaux qui ont été blessés ».
Le même vœu invite la région Île-de-France à fournir « un état des besoins et des investissements » pour les lycées parisiens. Selon un communiqué de la Région, Valérie Pécresse (LR) a chargé les 139 élus de sa majorité d’organiser, d’ici la fin de la semaine, des temps d’échange avec des délégations lycéennes, en mairie ou dans d’autres lieux ; elle rappelle que 6,6 milliards d’euros ont été consacrés depuis 2015 à la rénovation des lycées franciliens.


