Gérard Larcher a été réélu jeudi 1er octobre président du Sénat pour un sixième mandat. À 77 ans, le sénateur LR des Yvelines, candidat unique de l’alliance entre la droite et les centristes, majoritaire au sein de la chambre haute, occupe la présidence depuis quinze ans.
Face à lui se présentaient Patrick Kanner pour les socialistes, Mélanie Vogel pour les écologistes et Cécile Cukierman, présidente du groupe communiste.
Le président réélu a évoqué la possibilité d’activer le « verrou » constitutionnel en cas de victoire du Rassemblement national à l’élection présidentielle de 2027. Fidèle soutien de Bruno Retailleau, il se projette vers cette échéance.
Dans un courrier adressé à l’ensemble des sénateurs, il avait souligné que « le Sénat doit plus que jamais être un acteur majeur de la vie politique française en ces temps d’incertitudes financières, sociales, économiques et politiques ». Il présente régulièrement l’institution comme un « pôle de stabilité » et un lieu de « contre-pouvoir », se disant prêt à s’ériger en « contre-pouvoir indispensable en démocratie ».
Pour la première fois, un groupe issu du RN et de l’Union des droites pour la République (UDR), fort de quinze sénateurs, siège au Palais du Luxembourg. Élus lors des élections sénatoriales, ils sont emmenés par Edwige Diaz, désignée par la direction du parti. Avec quinze voix sur 348, ce groupe ne pèse pas lourd dans l’élection du président de la chambre.
Gérard Larcher a indiqué que le Sénat doit rester « l’assemblée du débat apaisé » et qu’il permettra « à chaque groupe d’exercer pleinement ses droits », y compris dans les instances de la haute assemblée. Une partie de la gauche appelle à un « cordon sanitaire » à l’égard du RN, notamment pour l’empêcher d’accéder à des postes clés. « Cela fait longtemps qu’une partie de la droite est sur les mêmes valeurs que le Rassemblement national. Gérard Larcher va devoir clarifier », a déclaré Mélanie Vogel. « Traiter le groupe RN comme un groupe comme les autres, cela participe à sa normalisation ».
Le sénateur LR Roger Karoutchi estime que « Gérard est un président d’expérience. Il a traversé des épreuves, des gouvernements successifs d’orientations politiques diverses. C’est le personnage le mieux armé pour faire en sorte que l’arrivée de ce groupe soit un événement, et pas une secousse ».
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