Froid, crise, morale : la gauche trouve toujours une raison pour confisquer

Capture TF1

À chaque crise correspond désormais une remise en cause d’un principe fondamental. Vague de froid, flambée des loyers, urgence climatique, pression migratoire : les circonstances changent, mais la méthode demeure. La gauche invoque l’exception pour affaiblir la règle, en particulier lorsqu’il s’agit du droit de propriété. Dernier exemple en date : face à la vague de froid, Mathilde Panot appelle à la réquisition des bâtiments vides.

L’appel à la réquisition des logements vacants est présenté comme une évidence morale face au froid et à la précarité.

L’argument est toujours le même : puisqu’il y a urgence, il faudrait suspendre les principes. Le caractère exceptionnel devient alors un outil politique, non pour répondre ponctuellement à une situation extrême, mais pour banaliser l’atteinte à un droit pourtant constitutionnellement protégé.

La réquisition, un vieux réflexe idéologique

La loi de réquisition de 1946 est régulièrement exhumée comme une relique utile. Peu importe qu’elle ait été conçue dans un contexte historique radicalement différent, au sortir de la guerre, dans un pays détruit et administré. Peu importe aussi qu’elle n’ait quasiment plus été utilisée depuis des décennies. À gauche, son existence suffit à légitimer son emploi, voire sa généralisation.

Ce raisonnement révèle une vision très particulière de la propriété : non pas un droit, mais une tolérance accordée tant qu’elle ne contrarie pas une vision politique du bien commun. Dès lors, le propriétaire n’est plus pleinement chez lui ; il devient un détenteur provisoire, sous contrôle moral et administratif.

Du logement à l’écologie, une logique d’extension continue

Le logement n’est qu’un terrain parmi d’autres. La même logique s’applique à l’agriculture, à l’énergie, à l’aménagement du territoire. Interdictions de construire, gel de terrains, contraintes environnementales rétroactives, fiscalité punitive : autant de moyens indirects de vider le droit de propriété de sa substance sans jamais le remettre frontalement en cause.

L’argument écologique joue ici un rôle central. Là encore, l’urgence sert de levier. Il ne s’agit plus de réguler, mais d’empêcher, de bloquer, parfois d’exproprier au nom d’objectifs présentés comme supérieurs, sans jamais assumer la remise en cause idéologique qu’ils impliquent.

Le propriétaire, nouveau suspect permanent

Dans ce récit politique, le propriétaire est rarement une figure neutre. Il devient un privilégié, un égoïste, parfois même un responsable indirect des malheurs sociaux. S’il possède un logement vide, il est suspect ; s’il n’exploite pas un terrain, il entrave l’intérêt général ; s’il résiste, il s’oppose à la solidarité.

Cette culpabilisation systématique permet de justifier toutes les intrusions. Une fois le principe accepté, il n’existe plus de limite claire : aujourd’hui la réquisition temporaire, demain la contrainte permanente, après-demain la remise en cause pure et simple de la propriété privée comme pilier de l’ordre social.

Un pilier discret mais essentiel de la liberté

Le droit de propriété n’est pas un luxe bourgeois ; il est l’un des fondements concrets de la liberté individuelle. Il garantit l’indépendance, la responsabilité, la projection dans le temps. L’affaiblir, même au nom de causes jugées nobles, revient à fragiliser l’ensemble de l’édifice.

À force de chercher des prétextes pour contourner ce principe, la gauche ne répond pas aux crises : elle installe durablement une culture de l’exception où plus rien n’est vraiment à l’abri.

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