France : l’asile toujours en pointe, mais à quel prix pour notre pays ?

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Le dernier décompte des demandes d’asile en France dessine une réalité difficilement contestable : malgré des politiques migratoires de plus en plus strictes, notre territoire continue d’attirer massivement les demandeurs de protection internationale. Avec environ 150.000 requêtes enregistrées en 2025, le « Pays des droits de l’Homme » rivalise désormais avec l’Allemagne, qui détenait jusque-là le triste privilège d’être la première porte d’entrée en Europe pour les migrants fuyant conflits et misères.

L’illusion d’un système maîtrisé

Ce chiffre, déjà élevé en soi, ne révèle qu’une partie du phénomène. Derrière ces 150.000 dossiers, des dizaines de milliers de personnes se maintiennent sur le sol français sans statut légal, malgré des refus de protection qui, statistiquement, touchent 60 à 70 % des demandeurs. Depuis 2015, entre 300.000 et 400.000 personnes déboutées sont restées durablement dans le pays, alors qu’elles auraient dû, en toute logique, regagner leur pays d’origine.


Une Europe qui décroche

Alors que le total des demandes d’asile dans l’Union européenne diminue d’environ 20 % en un an, notamment en raison de la chute des arrivées syriennes, la France conserve un attrait particulier, en dépit de discours politico-médiatiques plaçant l’assimilation et la maîtrise des flux au centre des discours. Dans ce contexte, l’origine géographique des demandeurs change : la République démocratique du Congo, la francophonie africaine, l’Afghanistan et l’Ukraine figurent en tête des nationalités concernées.

Une question cruciale demeure : celle du retour des personnes déboutées. Les obligations de quitter le territoire français (OQTF), pourtant prononcées chaque année à des dizaines de milliers d’exemplaires, ne sont exécutées que dans une proportion dérisoire, souvent inférieure à 10 %, faute de coopération des pays d’origine ou de moyens logistiques suffisants. L’Algérie, par exemple, refuse régulièrement de délivrer les laissez-passer consulaires nécessaires aux expulsions, au détriment de l’autorité de l’État.

Une réponse politique qui peine à convaincre

En réaction, les gouvernements successifs ont tenté d’ajuster la politique migratoire par des circulaires visant à durcir les conditions de régularisation et de naturalisation. Si ces mesures ont conduit à une réduction mesurable des dossiers acceptés, elles n’ont pas pour autant freiné l’attractivité du territoire français ni résolu les impasses administratives.

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