France Inter sommée de s’expliquer sur ses chroniques idéologiques

DR

Depuis plusieurs années, France Inter ne se contente plus d’informer – si l’on peut appeler ça comme ça- ou de divertir – si l’on peut aussi appeler ça comme ça… La station phare de Radio France s’est muée, à bas bruit, en laboratoire idéologique permanent, où la satire a progressivement cédé la place au catéchisme politique.

La commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public envisage désormais d’auditionner certains humoristes de l’antenne, après plusieurs chroniques ayant suscité malaise et colère chez de nombreux auditeurs. En cause : des propos ouvertement militants, parfois agressifs, souvent excluants, toujours présentés comme de simples traits d’esprit.


L’humour comme paravent idéologique

Il fut un temps où l’humour radiophonique s’attaquait aux puissants, aux travers humains, aux ridicules universels. Aujourd’hui, sur France Inter, la cible est presque toujours la même : l’électeur jugé déviant, l’opposant politique disqualifié moralement, le citoyen sceptique sommé de se taire.

Sous couvert de dérision, certains chroniqueurs se permettent d’édicter ce qui peut être dit, pensé ou fréquenté médiatiquement. Le rire devient alors une arme de dissuasion massive : vous n’êtes pas d’accord ? Vous êtes forcément infréquentable, dangereux ou stupide.

Une radio publique, vraiment ?

Le problème n’est pas que des humoristes aient des opinions. Le problème est qu’ils les diffusent depuis une radio financée par l’ensemble des contribuables, y compris ceux qu’ils méprisent ouvertement.

France Inter ne relève pas d’un média privé engagé. Elle appartient au service public. À ce titre, elle devrait garantir pluralisme, retenue et équilibre. Or l’antenne ressemble de plus en plus à une réunion de cellule politique, où l’entre-soi idéologique tient lieu de ligne éditoriale.

Le Parlement s’invite dans le studio

En envisageant ces auditions, les députés ne font que poser une question simple : où s’arrête l’humour et où commence la propagande ?

La question dérange, évidemment. À Radio France, certains dénoncent déjà une tentative d’intimidation. Pourtant, personne n’oblige les humoristes à travailler sur une radio nationale financée par l’impôt. La liberté d’expression n’implique pas le droit automatique à une tribune publique.

Auditeurs captifs, contribuables contraints

Chaque matin, des millions de Français financent, sans l’avoir choisi, des chroniques qui les caricaturent, les soupçonnent et parfois les insultent. Le tout au nom de la tolérance, de l’ouverture et du progrès.

Cette situation ne relève plus de l’accident, mais d’un système. Un système où l’audiovisuel public se vit comme un magistère moral, chargé de rééduquer une population jugée trop rétive, trop conservatrice, trop imparfaite.

L’audition des humoristes ne résoudra sans doute pas tout, mais elle aura au moins le mérite de rappeler une évidence devenue subversive : le service public n’appartient pas à une caste idéologique, mais aux citoyens qui le financent.

guest
5 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires


Le Journal des Francais