Les États-Unis entament ce vendredi 9 octobre, en Floride, des pourparlers avec une délégation ukrainienne. Jared Kushner — gendre du président américain et médiateur informel — accueille celle-ci aux côtés de l’émissaire spécial Steve Witkoff. Devant la presse, Volodymyr Zelensky a indiqué que la réunion « devrait durer deux jours ». Y prennent aussi part des membres du conseil de sécurité nationale des États-Unis ainsi que du ministère des Finances.
Le même jour, Donald Trump a fait état d’un achat, négocié avec Vladimir Poutine, portant sur des centaines de milliers de tonnes de diesel russe « pour le marché américain et mondial ». Il a formulé cette annonce au moment où débutaient les échanges à Miami.
D’après des responsables américains, Washington a également invité les conseillers à la sécurité nationale britanniques, français et allemands. Le directeur de cabinet d’Ursula von der Leyen représente l’Union européenne, tandis que Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, a délégué le sien.
Suspendus depuis le déclenchement de la guerre contre l’Iran en février, les efforts de médiation menés par les États-Unis ont connu un regain d’activité ces dernières semaines. Marco Rubio, secrétaire d’État en tournée européenne, a déploré l’« impasse » dans laquelle se trouve le conflit. « Les impasses sont très dangereuses », a-t-il prévenu, jugeant qu’elles aboutissent soit à « un accord négocié », soit à une « escalade » susceptible de déboucher sur une « campagne de sabotage dans les pays voisins » de l’Ukraine appartenant à l’OTAN.
Selon des sources américaines, les entretiens explorent de « nouvelles idées » formulées par Washington pour clore le conflit, au nombre desquelles figurent des « propositions de garanties de sécurité pour l’Ukraine » et « un projet de prospérité pour l’après-guerre ». Les craintes liées à l’hiver et aux questions énergétiques favorisent, aux yeux de Washington, la relance de ces discussions.
Un haut responsable américain a estimé : « Les Européens ont fait part aux États-Unis de leurs préoccupations face aux coûts élevés de l’énergie et aux autres répercussions financières majeures de la guerre en Ukraine. Ils sont tous nerveux à l’arrivée de l’hiver ».
En septembre, Jared Kushner et Steve Witkoff s’étaient déjà rendus à Moscou comme à Kiev, sans parvenir à relancer des pourparlers directs russo-ukrainiens. Après une campagne de frappes de « 40 jours » contre l’économie russe, Kiev et ses partenaires européens réclament à présent un arrêt des combats dans le domaine énergétique et sur le plan maritime. Vladimir Poutine a écarté cette proposition la semaine dernière.
Jeudi, une frappe russe a touché deux bus à Kramatorsk, ville stratégique du front oriental ukrainien, faisant au moins 30 morts. Les autorités de Kiev ont annoncé une « réponse ». « Le président (Trump) veut que cette guerre s’arrête pour que les massacres insensés prennent fin », a indiqué un haut responsable américain.
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