Et maintenant Mélenchon invente un faux crime « homophobe »

Illustration : Le JDF

Jean-Luc Mélenchon n’a pas attendu les conclusions de l’enquête pour trancher. Jeudi soir, le leader de La France Insoumise et candidat à la présidentielle de 2027 a dénoncé sur X « une agression homophobe » ayant causé la mort d’un jeune homme de 19 ans à Metz.

Selon lui, la victime « passait dans la rue » lorsqu’elle a été agressée par « une bande » qui aurait proféré des insultes homophobes. Une mise en cause rapide et sans nuance, typique du tribun insoumis.

Pourtant, le parquet de Metz a rappelé vendredi que, à ce stade de l’enquête, une motivation homophobe n’est pas retenue. Deux hommes de 20 et 27 ans ont été mis en examen et écroués pour « meurtre aggravé par l’état d’ivresse manifeste ». Le procureur David Touvet a souligné que le juge d’instruction est saisi des faits et que, si des éléments venaient étayer une circonstance aggravante liée à l’orientation sexuelle, elle pourrait être retenue ultérieurement. « C’est précisément l’objet d’une information judiciaire », a-t-il rappelé avec prudence.

Un drame tragique, une instrumentalisation rapide

L’agression s’est produite dans la nuit de samedi à dimanche en centre-ville de Metz, dans un contexte d’alcoolisation. Des proches de la victime ont rapporté avoir entendu des insultes homophobes, mais l’enquête doit encore déterminer le mobile exact.

Un rassemblement de soutien a été organisé mardi par l’association Couleurs Gaies, réunissant environ 200 personnes. Mais là où les associations et les proches expriment leur émotion, Jean-Luc Mélenchon, lui, a immédiatement transformé le drame en outil politique, dénonçant un « meurtre homophobe » sans attendre les vérifications judiciaires.

Ce n’est pas la première fois que le leader insoumis s’empresse de qualifier des faits divers selon un narratif idéologique. Dans cette affaire comme dans d’autres, il semble plus prompt à alimenter un récit victimaire qu’à laisser la justice faire son travail.

Le parquet, plus mesuré, poursuit ses investigations. Le jeune homme est décédé mardi matin des suites de ses blessures, après avoir été plongé en état de mort cérébrale.

L’affaire reste profondément tragique. Mais la précipitation de Jean-Luc Mélenchon à en faire un étendard politique, alors que les faits ne sont pas encore établis, en dit long sur sa méthode : juger d’abord, enquêter ensuite.

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