Un élève de huit ans a agressé une enseignante le 11 septembre au groupe scolaire Jacques-Tati d’Évry-Courcouronnes, en Essonne. L’enfant, qui présente des troubles psychologiques extrêmement sérieux et bénéficie d’une notification de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) pour un accueil en institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (ITEP), s’en est d’abord pris à une camarade, lui causant des blessures au menton et au genou.
L’enseignante, que l’élève considérait comme sa « maîtresse préférée », a tenté de le calmer et de lui demander des excuses, en menaçant d’un signalement au directeur. L’enfant est alors parti en crise, criant « je vais te tuer, je vais t’égorger » en mimant le geste, l’a fait tomber au sol puis lui a asséné plusieurs coups de poing et de pied. Deux autres enseignants sont intervenus pour le maîtriser.
L’enseignante a reçu sept jours d’incapacité totale de travail (ITT). Elle a porté plainte et a été arrêtée pendant une semaine avant de reprendre lundi. Ce n’était pas la première fois que l’élève montrait de la violence, par coups de poing, tirages de cheveux ou insultes, envers des camarades et des enseignants.
Le personnel du groupe scolaire s’est mis en grève à partir du mercredi 23 septembre. Les cours ont repris le jeudi 24 septembre. L’académie de Versailles a déployé un accompagnement renforcé, avec la visite d’une conseillère pédagogique et d’une psychologue, a adapté l’emploi du temps de l’élève, mobilisé des enseignants spécialisés et lancé des recrutements prioritaires d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). Une nouvelle équipe éducative s’est réunie jeudi et un conseil des maîtres est prévu en fin de semaine.
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a qualifié les faits d’« actes et de propos inqualifiables ». Il a indiqué que l’enfant, « très handicapé », a « explosé de colère », sans agir « en pleine connaissance de cause » ni dans un « phénomène construit et parfaitement conscient ». Il a demandé à l’académie de Versailles et au directeur de l’agence régionale de santé de trouver « de manière urgente » une place en ITEP.


