Environ 70 % des psychiatres du public en grève, selon l’IDEPP

Jeudi 17 septembre, une fraction des psychiatres exerçant à l’hôpital et au sein des structures publiques ont cessé le travail sur appel de leurs principaux syndicats. Objectif : dénoncer une « crise profonde » du secteur qui « s’aggrave », faute de « vraies solutions » politiques, y compris au regard de la « grande cause nationale » consacrée à la santé mentale.

Contacté par l’AFP, Norbert Skurnik, président de l’Intersyndicale de la défense de la psychiatrie publique (IDEPP), a indiqué que « environ 70 % des psychiatres » du public avaient déposé au moins une heure de grève. Le mouvement associe aussi le Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH), l’Union syndicale de la psychiatrie (USP) et le Syndicat des psychiatres d’exercice public (SPEP). Sollicité, le ministère de la Santé n’a communiqué aucun chiffre pour l’heure.

Devant le ministère de la Santé, une trentaine de soignants se sont rassemblés en fin de matinée.

Les organisations à l’origine de l’action insistent : à l’hôpital, « 30 % des postes de psychiatres et 15 % des postes d’internes ne sont pas pourvus », faute d’attractivité, et « 10 000 lits d’hospitalisation » manquent. Elles ajoutent que des centaines de patients orientés vers la psychiatrie, arrivés en détresse aux urgences, y demeurent « plusieurs jours » avant d’obtenir une place en service adapté. À leurs yeux, la discipline enregistre « la plus faible progression budgétaire toutes disciplines médicales confondues », ce qui aggrave le déficit de moyens et la modestie des rémunérations.

Elles pointent aussi la « vétusté criante des locaux et équipements ». Ces structures reçoivent 480 000 patients à l’hôpital et 2 millions en ambulatoire, notamment dans les centres médico-psychologiques (CMP), où les délais s’allongent. En Seine-et-Marne, par exemple, un rendez-vous de pédopsychiatrie peut exiger entre neuf mois et deux ans d’attente.

En juin, au terme d’une réunion interministérielle sur la grande cause santé mentale, les syndicats s’étaient dits « consternés » par les « réponses inconsistantes » du gouvernement. Ils demandent la « co-construction d’un plan pluriannuel de redressement » du secteur, une revalorisation des revenus, la reconnaissance de la pénibilité, ainsi qu’un renforcement des lits et des places.



Le Journal des Francais