Électriciens et gaziers en grève contre la révision du tarif agent

Mardi 15 septembre, les personnels des industries électriques et gazières (IEG) ont débuté un mouvement de grève qu’ils souhaitent voir massif. Objectif : empêcher toute révision éventuelle de leur « tarif agent », avantage en nature intégré à la rémunération.

Sur France 2, la ministre déléguée à l’Énergie Maud Bregeon a annoncé qu’elle recevrait dans l’après‑midi FO, la CFE‑CGC, la CFDT et la CGT, qui organisent un rassemblement devant Bercy. « Il n’y aura pas de passage en force », a‑t‑elle assuré, affirmant qu’il n’est « pas question de remettre en cause le tarif agent » : « la question, c’est le niveau de fiscalisation », a‑t‑elle ajouté, en appelant à un dialogue pour « régulariser cette situation ».

L’exécutif dit avoir été mis en demeure par la Cour des comptes de se conformer aux règles de valorisation de l’écart entre ce tarif préférentiel et le prix réel de l’énergie. La décision passera par un arrêté ministériel.

La mobilisation a provoqué d’importantes baisses de puissance sur plusieurs sites nucléaires : Saint‑Alban, Paluel, Cattenom, Penly, Nogent‑sur‑Seine, Flamanville et Tricastin. La CGT a aussi fait état d’une action au barrage de Lyon‑Villeurbanne.

Le régime concerne environ 140 000 actifs et près de 160 000 retraités, employés des sociétés issues d’EDF et de GDF — GRDF, Enedis ou Engie, entre autres — ainsi que d’autres opérateurs, y compris des distributeurs locaux. Mi‑juillet, un rapport de la Cour des comptes a chiffré la charge à « plus de 700 millions d’euros en 2024 » pour le seul groupe EDF ; selon la même institution, les bénéficiaires « acquittent désormais moins de 2 % des tarifs moyens » d’électricité ou de gaz. Des syndicalistes rejettent cette estimation et évoquent plutôt un niveau proche de 10 % de ce que paient en moyenne les ménages.

Fabrice Coudour, secrétaire général de la FNME‑CGT, juge possible que la participation dépasse 80 %, comme lors de mouvements antérieurs, et rappelle que la grille salariale des IEG « débute en dessous du Smic ». « On ne peut pas laisser baisser notre rémunération comme ça sur un coup de baguette magique », a déclaré Dominique Santoni, déléguée fédérale des IEG pour la CFDT.

Aucun effet immédiat n’est attendu pour les usagers. Des responsables syndicaux ont toutefois averti que le conflit pourrait s’intensifier si le gouvernement maintient son intention d’alourdir la fiscalité de cet avantage.



Le Journal des Francais