La police britannique a annoncé, vendredi 2 octobre, l’inculpation de deux Iraniens soupçonnés d’avoir préparé un attentat contre la communauté juive de Manchester, dans le nord‑ouest de l’Angleterre.
Les suspects, âgés de 36 et 34 ans, avaient été appréhendés le 20 septembre dans cette ville. Placés en détention provisoire, ils comparaîtront samedi devant une juridiction de Londres. Selon les enquêteurs, ils auraient été « en contact avec un tiers basé à l’étranger, qui pourrait se trouver en Iran, dans le cadre de ce projet présumé ».
Parmi les griefs retenus figurent des repérages de sites susceptibles d’être pris pour cible, l’acquisition de matériel propre à la fabrication ou à l’assemblage d’un engin improvisé, et des échanges sur des applications chiffrées pour obtenir des composants d’un explosif artisanal.
Vicki Evans, coordinatrice nationale principale chargée de la lutte contre le terrorisme, a souligné : « Cette enquête a permis de déjouer ce que nous pensons être un complot visant la communauté juive de Manchester ». Elle a ajouté : « Nous ne pensons pas qu’il existe une menace persistante pour le public en lien avec cette affaire ».
Un sixième individu, britanno‑iranien, a par ailleurs été interpellé jeudi au titre de la même enquête.
Shabana Mahmood, ministre de l’Intérieur, a indiqué que les deux hommes inculpés avaient rejoint le Royaume‑Uni en franchissant la Manche à bord de petites embarcations, en 2020 pour l’un et en 2023 pour l’autre. L’asile a été accordé au premier ; la demande du second reste en cours d’examen. Dans un communiqué, elle a écrit que l’annonce des inculpations « va être profondément bouleversante pour nos communautés juives ». Elle a également déclaré : « Ce n’est un secret pour personne que ce pays est confronté à toute une série de menaces graves émanant du régime iranien ». Ce régime, a‑t‑elle poursuivi, s’en prend aux communautés juives et cherche à faire taire ses détracteurs hors de ses frontières, « recourant souvent à des intermédiaires et à des réseaux criminels afin de dissimuler leur implication ».
Ces inculpations tombent exactement un an après l’attentat du 2 octobre 2025 contre la synagogue Heaton Park Hebrew Congregation, dans le nord de Manchester, où des fidèles s’étaient rassemblés pour Yom Kippour. Deux personnes y avaient trouvé la mort.
Par ailleurs, le Premier ministre Andy Burnham a affirmé mercredi qu’il existait de « fortes indications » d’une implication iranienne dans un incident survenu dimanche près de la base militaire de Fairford, utilisée par les États‑Unis. Dans la nuit de samedi à dimanche, les forces de l’ordre s’étaient déplacées après un appel aux secours signalant « trois véhicules suspects ». Dès lundi, l’Iran a « catégoriquement » rejeté tout lien avec cette affaire.


