Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), offre à nos confrères de La Vie son analyse de la crise permanente que vit la droite « républicaine ».
À vous écouter, le mal ne date pas des européennes, mais il est très profond…
Le monde change, mais pas la droite. Cette situation remonte à la fin des années Pompidou. Avec l’arrivée de la crise pétrolière des années 1970, la droite n’a pas changé son logiciel, ou à la marge. Elle n’a pas su penser la mondialisation. […]
La droite pourrait-elle s’en sortir avec un chef qui incarnerait une dynamique ?
[…] la droite vient de tomber du deuxième au quatrième rang. La probabilité de voir Marine Le Pen accéder au pouvoir est donc plus grande. À mon avis, ce serait la fin de la Ve République. La droite pourrait être à l’origine de l’effondrement du régime qu’elle a fondé.
Mais Marine Le Pen ne se heurterait-elle pas à un plafond de verre ?
Cette notion de plafond de verre a émergé à un moment particulier, qui ne correspond plus à la réalité : Marine Le Pen était alors opposée à l’euro. Or, aujourd’hui, même si elle demeure confuse, elle a écarté la sortie de la monnaie unique. On avait aussi le choix entre la droite et la gauche. C’est aussi fini ! En 2022, de nombreux Français vont être exaspérés par le pouvoir en place. Déjà, cette année, à travers le mouvement des « gilets jaunes », on a vu des niveaux de détestation sidérants et préoccupants. Beaucoup de leurs sympathisants se sont abstenus par colère ou ont voté Le Pen. Le plafond de verre ne résisterait pas à une nouvelle poussée de colère.
Finalement, la gauche semble être en moins mauvaise posture que la droite…
Je suis plutôt d’accord. Mais à une réserve près : la gauche est en porte à faux sur la question du multiculturalisme. C’est un sujet sur lequel la France est très crispée. Macron le sait bien et il a déjà donné des signes. Il doit continuer, car il va devoir arrimer son électorat de droite qui a voté pour lui aux européennes. […]
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