Un jeune homme de 23 ans, étudiant en mathématiques, se trouve en état de « mort cérébrale » après avoir été roué de coups à Lyon, en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à l’IEP. Les faits sont d’une gravité extrême. Ils ne peuvent pas être noyés dans le brouillard commode des « affrontements entre groupes rivaux ».
Ce soir-là, plusieurs militantes du collectif Némésis déploient une banderole. Face à elles, des collectifs antifascistes. Très vite, la tension monte. Une jeune femme est traînée au sol, étranglée. Puis, plus tard, un jeune homme est pris à partie, suivi, frappé, mis à terre, achevé à coups de pied.
Il s’appelle Quentin. Il est hospitalisé en urgence absolue, victime d’une hémorragie cérébrale. Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour « violences aggravées ». Voilà les faits. Nus. Bruts.
Ce n’est pas une rixe, c’est un lynchage
On voudrait déjà minimiser. Parler de « rixe ». Mettre sur le même plan agresseurs et agressés. Diluer les responsabilités dans une soupe tiède d’« extrêmes qui se valent ». Non.
Selon l’avocat de la famille, Quentin n’était ni agent de sécurité, ni professionnel du maintien de l’ordre. Son casier judiciaire est vierge. Il aurait été isolé, frappé en surnombre, poursuivi alors qu’il quittait les lieux. Ce n’est pas un échange de coups : c’est une chasse.
La France doit regarder en face cette réalité : une partie de la gauche considère que la violence physique contre des militants nationalistes est légitime. Non pas regrettable. Légitime.
Et lorsque l’on banalise pendant des années l’étiquette de « fasciste » pour tout opposant, lorsque l’on répète que l’ennemi est « nazi », « raciste », « danger pour la démocratie », on prépare psychologiquement le terrain. On désinhibe. On autorise.
Silence assourdissant et indignations sélectives
On imagine sans peine le vacarme médiatique si la situation avait été inversée. Si un militant de gauche avait été laissé dans le coma après une conférence d’un responsable de droite. Les plateaux seraient en ébullition. Les tribunes pleuvraient. Les leçons de morale fuseraient.
Ici, on condamne « les violences » en général. On appelle au calme. On met tout le monde dos à dos.
Le maire écologiste de Lyon – qui sera bientôt enfin viré de son siège – a dénoncé une « rixe d’une extrême violence ». Une rixe. Le mot compte. Il relativise. Il neutralise. Il rassure.
Mais un jeune homme est peut-être en train de mourir.
Jusqu’à quand ?
Ce drame dépasse les appartenances partisanes. Il touche au cœur du pacte civil. Dans une démocratie, on débat. On s’oppose. On manifeste. On ne traque pas. On ne frappe pas à plusieurs un homme à terre.
Si l’enquête confirme qu’il s’agit d’un lynchage organisé par des individus identifiés, alors il faudra des condamnations exemplaires. Pas des rappels à la loi. Pas des sursis automatiques. Pas des explications sociologiques alambiquées.
Car à force de tolérer la violence dite « antifasciste », on fabrique une société où l’idéologie devient un permis de frapper.
Et le jour où les représailles s’enchaîneront, il sera trop tard pour invoquer la République.


