À force de vouloir rassembler tout le monde, on finit par ne plus très bien savoir qui l’on est. Dernier exemple en date : Gérald Darmanin, qui plaide désormais pour « un seul candidat de la droite et du centre, et peut-être même de la gauche républicaine » afin de remporter la présidentielle de 2027.
Rien que ça.
L’union sacrée… contre les électeurs ?
La formule a le mérite d’être limpide. Il ne s’agit plus seulement de rapprocher les droites, ni même de construire une alliance avec le centre, mais bien d’élargir le bloc jusqu’à une partie de la gauche. Une sorte de grande coalition nationale, version française, censée faire barrage à certains adversaires — notamment Le Rassemblement national, évidemment.
Mais à force d’élargir le périmètre, une question s’impose : que reste-t-il de droite dans ce projet ?
Car enfin, si l’on peut indifféremment agréger des électeurs de gauche, du centre et de la droite, c’est peut-être que les différences entre ces camps ne sont plus si fondamentales.
Le grand flou idéologique assumé
Darmanin ne cache d’ailleurs plus grand-chose. Il souligne lui-même que « beaucoup de gens de gauche » ont voté pour lui à Tourcoing. Autrement dit : les frontières politiques se dissolvent, et cela ne semble plus poser problème — bien au contraire.
Ce qui était autrefois dénoncé comme une trahison des idées devient aujourd’hui une stratégie assumée. On ne parle plus de convictions, mais de coalitions électorales.
L’« en même temps », théorisé depuis plusieurs années par Emmanuel Macron, trouve ici une forme d’aboutissement presque caricaturale : droite, centre, gauche modérée… tout cela finirait par fusionner dans une même candidature.
Tous pareils ?
C’est sans doute là que réside le véritable enseignement de cette sortie. Ce que Darmanin dit à demi-mot, c’est que ces familles politiques — socialistes d’hier, centristes d’aujourd’hui, droite dite « de gouvernement » — appartiennent en réalité à un même ensemble.
Même vision de la société, même logiciel économique, même approche des questions migratoires ou sécuritaires, avec des nuances de ton plus que de fond.
Ce qui change, ce sont les étiquettes. Pas la ligne. Tous francs-maçons ?
Une recomposition… ou un aveu ?
Présentée comme une stratégie pour gagner, cette idée ressemble surtout à un aveu : celui d’un paysage politique où les distinctions historiques se sont effacées.
À force de gouverner ensemble, de voter les mêmes textes, de partager les mêmes priorités, les anciens adversaires finissent logiquement par se retrouver sous la même bannière.
Reste à savoir si les électeurs, eux, accepteront ce grand mélange.
Car à vouloir rassembler tout le monde, on prend aussi le risque de ne plus représenter grand-chose.
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