Cours suspendus lundi dans 400 à 500 lycées avant l’acte III

Dimanche, sur France 2 et France Inter, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a annoncé que lundi 5 octobre, les enseignements seraient interrompus « totalement ou partiellement » dans « 400 à 500 » lycées. Dès vendredi, un volume similaire d’établissements avait cessé les cours, soit parce que les conditions de sécurité n’étaient « pas remplies », soit du fait que des personnels avaient « été directement visés ».

Le ministre a dressé le bilan suivant depuis le début des blocages : « 78 personnels de l’Éducation nationale ont été blessés » et « 24 établissements ont été incendiés ou saccagés ». En y ajoutant les dégradations de logements de fonction, le coût s’élèverait sans doute à entre 20 et 30 millions d’euros.

Une nouvelle fois, Édouard Geffray a mis en cause La France insoumise, lui reprochant d’avoir « incité au blocage » et d’avoir contribué à l’embrasement des violences. Dès jeudi, Matignon jugeait que le mouvement basculait vers des « violences urbaines » et y voyait une manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l’ultra-gauche.

Le coordinateur de LFI Manuel Bompard a rétorqué : « S’il y a quelqu’un qui est responsable de cette mobilisation, c’est vous ! Parce que cette situation, c’est la conséquence de dix années de politique macroniste, de 10.000 suppressions de postes d’enseignants, de refus de revalorisation du point d’indice des fonctionnaires » ou encore « de Parcoursup, qui génère de l’angoisse ». S’il a condamné les violences, il a reproché à l’exécutif de ramener le mouvement aux seuls débordements et de vouloir « éteindre » des « revendications légitimes ». Il a aussi dénoncé des interventions « absolument disproportionnées des forces de l’ordre », en évoquant « un lycéen qui perd un œil », un autre « qui prend une grenade lacrymogène dans les yeux » ou « une jeune étudiante qui se fait étrangler pendant plusieurs minutes ».

Dimanche, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a assuré que les forces de l’ordre « ne répriment pas la jeunesse » mais « protègent » les élèves et étudiants qui souhaitent « porter pacifiquement leurs revendications », tout en regrettant des « accusations graves et sans fondement ». Plusieurs organisations — parmi lesquelles la Ligue des droits de l’Homme, la CGT et le Syndicat de la magistrature — avaient la semaine dernière reproché au gouvernement et aux forces de l’ordre une répression disproportionnée de la jeunesse.

Le mouvement a donné lieu, depuis lundi, à plus de 5 000 interpellations, dont environ 85 % concernaient des mineurs ; vendredi, à lui seul, en a compté 1 700.

À La Ciotat, un adolescent de 16 ans a été arrêté après l’agression d’un enseignant aspergé d’essence. À Marseille, un jeune de 15 ans, soupçonné d’avoir dirigé un spray enflammé vers le visage d’une passante, a été déféré en vue d’une mise en examen pour « acte de barbarie ».

À Belfort, deux individus ont été placés en garde à vue pour participation au passage à tabac d’un policier. Selon l’avocat de l’une d’elles, celle-ci a porté plainte pour « tentative de meurtre ».

L’« acte III » des lycéens, programmé mardi, suscite l’inquiétude d’une partie de la classe politique. Dimanche, Fabien Roussel, candidat communiste à la présidentielle, a invité enseignants, salariés et militants à apporter leur soutien aux lycéens, afin que « les revendications émergent plutôt que la violence ». Il a indiqué que les militants communistes proposeraient aux organisations de jeunesse de les « aider » à « sécuriser les parcours ».

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