Le consortium CM Holding, qui détient Corsica Linea, a fait savoir vendredi 2 octobre qu’il interrompait toute l’activité de la compagnie jusqu’à lundi, « quelle que soit l’issue des préavis de grève actuels ». Par communiqué, le groupe fustige « un blocage de trop » et des « contre‑vérités », tout en indiquant vouloir « évaluer la forme que prendra leur éventuel engagement futur dans la Corsica Linea ».
Vendredi, des marins en grève du syndicat des travailleurs corses (STC) ont occupé le port de Bastia de 8h45 jusqu’au milieu de l’après‑midi, interdisant entrées comme sorties. Des pneus ont brûlé et une banderole « emplois en danger » a été accrochée aux grilles d’entrée. La capitainerie a ensuite confirmé le rétablissement de l’accès, permettant à un navire de Corsica Ferries — concurrent sous pavillon international italien — d’accoster.
À Marseille, depuis mercredi, le personnel navigant immobilise tous les navires de Corsica Linea ainsi qu’une unité de La Méridionale. Le mouvement a été prolongé jusqu’à samedi matin, a indiqué Frédéric Alpozzo, délégué CGT des marins de la compagnie.
La CGT critique l’affrètement du Massalia, appartenant à La Méridionale (groupe CMA CGM), en lieu et place d’un bâtiment Corsica Linea sur les liaisons Marseille‑Propriano et Marseille‑Île‑Rousse. Ce choix, qualifié d’« ubuesque » par le syndicat, supprimerait selon lui deux équipages, soit 90 postes.
La direction répond que son « projet de réorganisation de sa flotte » n’entraîne « aucune suppression de CDI » et garantit « 60 à 500 CDD durant l’année ».
Délégataires du service public de continuité territoriale maritime entre Marseille et la Corse, Corsica Linea et La Méridionale naviguent sous pavillon français de premier registre. Le ravitaillement des commerces de l’île dépend très largement de leurs rotations : dès vendredi, des supermarchés d’Ajaccio montraient déjà des rayons dégarnis.


