Les forces françaises stationnées au Moyen-Orient ont été mises à contribution pour participer à la défense aérienne des pays du Golfe, dans le contexte du conflit déclenché fin février par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Sans être directement engagée dans les opérations offensives, la France renforce sa présence militaire afin d’honorer ses accords de défense conclus avec plusieurs États de la région.
Aux Émirats arabes unis, partenaire militaire majeur de Paris, l’armée de l’air et de l’espace a doublé le nombre de ses avions de chasse présents sur place. Douze Rafale sont désormais déployés dans le pays. Avant le déclenchement du conflit, environ 900 militaires français étaient déjà stationnés aux Émirats, répartis entre la base navale d’Abu Dhabi, la base aérienne d’al-Dhafra et l’emprise du 5e régiment de cuirassiers à Zayed Military City.
Une présence militaire liée aux accords de défense
La France entretient également des coopérations militaires avec plusieurs États du Golfe, notamment le Qatar et le Koweït. Au Qatar, Paris a livré des systèmes de défense antiaérienne de courte portée. Au Koweït, des officiers français sont intégrés au centre d’opérations conjointes de l’opération internationale Inherent Resolve, qui vise à lutter contre les organisations terroristes.
Des moyens militaires français sont aussi présents en Irak et en Jordanie, notamment des avions de combat et des drones. Même si la France ne participe pas directement aux opérations militaires menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, ses forces se retrouvent au cœur du théâtre régional en raison de leur implantation et de leurs engagements de défense.
Selon le chef d’état-major de l’armée de l’air et de l’espace, le général Jérôme Bellanger, la posture française reste « strictement défensive ». L’objectif est de protéger les ressortissants français, les infrastructures militaires et les pays partenaires qui font l’objet d’attaques.
Participation à l’interception de drones
Les forces françaises ont contribué à l’interception de drones menaçant les pays du Golfe, même si leur participation reste limitée. Les drones peuvent être abattus par les avions de chasse à l’aide de canons embarqués, tandis que les forces émiriennes privilégient l’utilisation d’hélicoptères pour ce type de missions.
L’essentiel du dispositif de défense aérienne dans la région est cependant assuré par les États-Unis. Depuis le début du conflit, les Émirats arabes unis ont détecté 1 475 drones, dont 1 385 ont été interceptés. Par ailleurs, 260 missiles balistiques ont été tirés vers le territoire émirien, mais seuls deux ont atteint leur cible.
Une coordination militaire complexe
La défense aérienne dans la région repose sur une coordination technique particulièrement délicate, car les forces engagées n’appartiennent pas toutes à une coalition formelle. Cette complexité a déjà provoqué des incidents, comme l’abattage accidentel de trois avions de chasse F-15 par la défense aérienne koweïtienne.
Sur la base d’al-Dhafra, les militaires français travaillent en coordination avec les forces émiriennes et américaines, tout en restant en dehors des opérations conduites directement par Washington. Les forces françaises sont intégrées au dispositif de défense des Émirats arabes unis.
Afin de renforcer leur autonomie, les armées françaises prévoient également de déployer dans la région des capacités radar supplémentaires, destinées à réduire leur dépendance vis-à-vis des moyens américains pour la détection des menaces aériennes.
La menace croissante des drones Shahed
Les drones d’origine iranienne de type Shahed représentent aujourd’hui la principale menace pour les États du Golfe. Selon le général Bellanger, ces appareils sont particulièrement redoutés en raison de leur capacité à être lancés en grand nombre simultanément, ce qui permet de saturer les systèmes de défense aérienne.
Ces drones font aussi l’objet d’améliorations constantes. Les versions récentes présentent des capacités sensiblement supérieures à celles des modèles utilisés auparavant par la Russie en Ukraine.
Face à cette évolution rapide, les armées développent de nouvelles méthodes de lutte antidrones, parmi lesquelles le brouillage électronique systématique ou l’utilisation de drones intercepteurs capables de neutraliser d’autres appareils en vol.
Les pays du Golfe pris par surprise
Pour plusieurs États du Golfe, l’ampleur des attaques constitue une surprise stratégique. Les gouvernements de la région n’anticipaient pas nécessairement la possibilité d’être directement visés par des représailles iraniennes.
Selon des sources du ministère français des Armées, un renforcement rapide des capacités de défense aérienne est actuellement en cours dans ces pays. L’objectif est de permettre aux États du Golfe de soutenir un conflit qui pourrait s’inscrire dans la durée et nécessiter des moyens supplémentaires pour protéger leurs territoires.
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