CMA CGM immatricule sept porte-conteneurs hors du pavillon français

Sept porte-conteneurs géants attendus en 2027 et 2028 ne seront pas immatriculés en France par CMA CGM. Un responsable du groupe a indiqué que les organisations syndicales en ont été informées la semaine dernière, lors d’un comité social et économique.

En novembre 2025, aux Assises de la mer à La Rochelle et devant Emmanuel Macron, l’armateur s’était engagé à faire passer d’un tiers sa flotte au registre international français (RIF), de 30 à 40 unités, via l’inscription de dix porte-conteneurs géants. La promesse avait été reprise en juin devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Elle est aujourd’hui abandonnée pour la majeure partie de ces navires.

Du chantier chinois Yangzijiang, seuls les trois premiers resteront au RIF. Le CMA CGM Pantheon a été réceptionné en août ; le CMA CGM Notre Dame a touché Le Havre en juillet ; le CMA CGM Orsay doit être livré dans les tout prochains jours. Pour la fin 2028, les sept autres — Pont Neuf, Nation, Versailles, Longchamp, Luxembourg, Cluny et Austerlitz — arriveront sous un pavillon différent.

Le RIF exige des officiers européens. Sur les trois premiers navires, CMA CGM a retenu des officiers français, ce qui représente 1,75 million d’euros de surcoût annuel par bâtiment.

Surtaxe et compétitivité

Une surtaxe exceptionnelle viserait, dans le budget 2027, les entreprises dont les bénéfices ont franchi 2,1 milliards d’euros. Le maritime, épargné en 2026, devrait cette fois y être assujetti.

Rodolphe Saadé et sa sœur Tanya Saadé-Zein dirigent ce groupe familial, qui affirme « ne pas faire remonter de dividendes » et réinvestir l’essentiel de ses résultats. Le financement de la contribution oblige le groupe à « revoir ses enveloppes d’investissement en France et à l’étranger », selon le responsable.

Derrière MSC (italo-suisse) et Maersk (danois), le transporteur se classe troisième mondial pour les conteneurs. « Nos concurrents danois, suisse, chinois ne paient pas cette nouvelle contribution, et si nous voulons maintenir notre compétitivité nous devons revoir à la baisse certaines enveloppes de coûts », insiste le porte-parole.

Les embauches d’officiers issus de l’École nationale de la marine marchande (ENSM) se poursuivront, précise le groupe, en particulier pour accompagner les départs en retraite.

Taxe au tonnage

CMA CGM relève aussi de la taxe au tonnage : un forfait calculé sur les volumes de sa filiale maritime, et non sur les bénéfices. Médias et logistique restent au régime général. La plupart des États dotés d’une marine marchande appliquent ce mécanisme, souvent contesté au moment des budgets.

Le groupe rétorque qu’il s’en est acquitté plus de vingt ans durant, y compris en période de pertes. Il ajoute qu’un impôt sur les bénéfices ne toucherait que ses opérations françaises (2 à 3 % du chiffre d’affaires mondial), alors que la taxe au tonnage couvre toute son activité maritime.



Le Journal des Francais