Darmanin veut le respect des victimes : les syndicats de magistrats… saisissent la justice !

Photo : Openverse

Les magistrats rouges n’aiment pas les victimes, chacun le sait.

La circulaire adressée par le ministre de la Justice Gérald Darmanin aux procureurs le 13 octobre 2025, destinée à replacer les victimes au centre de la procédure pénale, fait conséquemment l’objet d’une contestation judiciaire de la part de plusieurs syndicats de magistrats. Cette opposition met en évidence un désaccord profond sur la place accordée aux victimes dans le système judiciaire français et sur les limites du rôle du pouvoir exécutif dans l’orientation de la politique pénale.

Le texte ministériel part d’un constat largement partagé : de nombreuses victimes estiment rester insuffisamment informées du déroulement des procédures qui les concernent. Délais importants, manque d’informations sur les décisions judiciaires ou découverte tardive de la remise en liberté d’un agresseur figurent parmi les critiques régulièrement exprimées. La circulaire vise donc à corriger ces dysfonctionnements en demandant notamment aux procureurs d’améliorer l’information des victimes, en particulier lors des décisions relatives à la détention ou à la libération de l’auteur des faits.

Le document appelle également à limiter les reports d’audience jugés évitables. Selon le ministère, ces renvois prolongent l’attente, accentuent l’incertitude et peuvent être vécus comme une épreuve supplémentaire pour les victimes. L’objectif affiché consiste à réduire ces situations lorsque cela est possible afin d’accélérer le traitement des dossiers.

Ces orientations, qui tentent d’instaurer un minimum de respect envers les victimes, sont contestées par l’Union syndicale des magistrats (USM) et le Syndicat de la magistrature (SM), qui ont déposé des recours. Les organisations professionnelles estiment que certaines dispositions du texte sont trop prescriptives et risquent de porter atteinte à l’indépendance des magistrats dans la conduite des procédures. Elles critiquent notamment une approche jugée trop centrée sur la victime et s’opposent à l’information systématique des victimes en cas de remise en liberté de l’auteur des faits. On croit cauchemarder !

Du côté du ministère de la Justice, la circulaire est présentée comme relevant pleinement du rôle du garde des Sceaux, chargé de définir la politique pénale. Le gouvernement met en avant les enjeux concrets de protection, en particulier dans les affaires de violences conjugales ou d’agressions sexuelles, où l’absence d’information peut exposer les victimes à des situations de vulnérabilité.

Un autre point de tension concerne la question du financement de l’aide aux victimes. La circulaire encourage le recours à la « contribution citoyenne », un mécanisme permettant à certains condamnés de participer financièrement à des actions d’intérêt général, notamment en faveur des victimes.

Au-delà des aspects techniques, ce conflit illustre une tension structurelle entre l’exécutif, qui fixe les orientations de la politique pénale, et les magistrats, qui veillent à préserver leur indépendance dans son application. Le débat intervient dans un contexte où la lenteur de la justice est régulièrement dénoncée et où la reconnaissance des victimes occupe une place croissante dans le débat public.

Cette contestation judiciaire pourrait conduire à une clarification du cadre d’intervention du ministère dans l’organisation concrète des procédures, tout en relançant le débat plus large sur l’équilibre entre efficacité judiciaire, droits des victimes et indépendance de la magistrature.

0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires


Le Journal des Francais