Chiffre d’affaires en hausse de 45 % : Dassault tire profit des livraisons internationales

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Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a confirmé mercredi soir, à l’occasion de la présentation des résultats du premier semestre 2026, que le chapitre du Next Generation Fighter (NGF) et de la coopération avec Airbus était définitivement clos. « C’est fini. C’est derrière nous », a-t-il résumé. L’Allemagne et la France ont décidé l’abandon du projet il y a un peu plus d’un mois. L’arrêt contractuel et juridique du SCAF (Système de combat aérien du futur), dont le NGF constituait la pièce maîtresse, a été négocié et notifié « il y a quelques jours ».

Sur le « Cloud de combat », l’un des piliers du SCAF, le dirigeant s’est montré sceptique : « Je ne sais pas ce que cela veut dire. » Il a en revanche insisté sur la nécessité d’une interopérabilité entre les avions français et ceux des pays alliés. « Si l’Allemagne développe un avion allemand – et je lui souhaite bonne chance – et si la France développe un avion en franco-français ou en coopération, ils seront interopérables. »

Dassault Aviation se déclare toujours ouvert à des coopérations, à condition que les règles du jeu soient claires, respectées, et que seules les compétences priment. Le PDG a cité l’exemple du programme Vortex (véhicule orbital réutilisable) mené avec l’allemand OHB, où Dassault est leader et responsable du porteur tandis qu’OHB développe le module de services. Il a rappelé que le constructeur avait déjà travaillé avec cinq autres industriels européens sur le démonstrateur nEUROn dans les années 2010. « À titre personnel, notre porte reste ouverte à d’autres pays non européens. » Mais pour un futur avion de combat, « c’est l’État qui décide » et qui doit s’assurer que la coopération fonctionne sur le plan industriel.

En attendant le lancement d’un éventuel nouveau programme, Dassault se concentre sur les besoins opérationnels clairement exprimés par la France depuis le début du SCAF : dissuasion aéroportée, armements futurs, furtivité et capacité à opérer depuis un porte-avions.

À plus court terme, deux priorités se dessinent. La première est le prochain standard F5 du Rafale, attendu dans les années 2035. La seconde est le développement d’un grand drone de combat (UCAV) furtif destiné à opérer en tandem avec l’avion de combat, notamment dans des environnements contestés. « Nous menons des études de levée de risque pour le Rafale F5, qui intégrera beaucoup de nouveautés : un moteur plus puissant (le T-Rex développé par Safran), un nouveau radar, des capacités de combat collaboratif, de l’intelligence artificielle, ainsi que de nouveaux armements », a détaillé Éric Trappier. Quarante ans après son premier vol (4 juillet 1986), le standard F5 doit « redonner quarante ans de vie au Rafale ».

Ni le contrat de développement du F5 ni celui du drone de combat n’ont encore été signés. La Direction générale de l’armement (DGA) a récemment lancé une demande d’informations sur les drones de combat, à laquelle Dassault s’apprête à répondre. Pour dégager les marges budgétaires nécessaires au F5, l’État a décidé de décaler la livraison de 20 Rafale initialement prévues en 2031-2032 vers 2033-2035.

En attendant, la France continue de prendre livraison de Rafale au standard actuel (F4). Au premier semestre 2026, Dassault a livré 2 avions de combat aux armées françaises (contre 3 un an plus tôt) et 10 exemplaires à ses clients internationaux (contre 4). Treize avions d’affaires Falcon ont également été livrés (contre 12). Côté commandes, l’activité a été tirée par une reprise sur les Falcon (23 avions signés contre 8), mais aucun nouveau contrat Rafale n’a été enregistré. Dassault espère que l’Inde, qui a exprimé son intention d’acquérir 114 Rafale supplémentaires, pourra signer avant la fin de l’année. L’Ukraine a quant à elle manifesté son intérêt pour 16 appareils, mais le contrat et son financement restent à finaliser par l’État français.

Ces livraisons ont porté le chiffre d’affaires du premier semestre 2026 à 4,15 milliards d’euros, en progression de 45 % par rapport à la même période de 2025, dont 79 % réalisés à l’international. Le bénéfice net consolidé ajusté atteint 496 millions d’euros (contre 386 millions), porté par un résultat opérationnel de 330 millions d’euros (contre 180 millions).

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