En conférence de presse jeudi, Thomas Cazenave a dévoilé les conclusions de l’audit confié au cabinet EY sur les finances de Bordeaux Métropole. À la tête de l’intercommunalité et maire de Bordeaux depuis mars, il dresse le portrait d’une situation « particulièrement grave », assortie d’une dette « historique » et du risque d’une mise sous tutelle de l’État.
« Nous faisons face à une situation inédite, jamais connue par la Métropole, et je ne connais pas d’autres métropoles dans la même situation », a‑t‑il affirmé.
La dette atteint 2,3 milliards d’euros. La capacité de désendettement, calculée à 19,2 ans, dépasse largement le seuil d’alerte de 12 ans. L’élu Renaissance impute ce constat à la « croissance démesurée des dépenses de fonctionnement par rapport au rythme des recettes » durant la mandature précédente, sous les socialistes Alain Anziani puis Christine Bost. Il souligne aussi l’alourdissement de la masse salariale de 77 millions d’euros, parallèle à l’ouverture de 500 postes.
« Si nous ne changeons pas drastiquement de trajectoire dès 2027, nos recettes d’investissement ne suffiront pas à couvrir les charges de la dette, et donc entraîneront, mécaniquement, la mise sous tutelle de notre établissement par les services de l’État », a déclaré M. Cazenave.
Redresser la barre suppose 182 millions d’euros d’économies de gestion d’ici 2033, dont 150 millions sur les trois ans à venir et 72 millions dès 2027. L’élu a évoqué un « plan de sauvetage » sans en préciser les contours.
Christine Bost revendique une « politique tonique ». Auprès de l’AFP, elle dit ne regretter ni les investissements engagés pour les « mobilités » et le logement, ni les embauches menées « à la demande des communes de tous bords », soucieuses d’un meilleur « taux de réalisation » des projets. L’ex‑présidente socialiste de la métropole concède une « situation difficile », tout en jugeant qu’elle « n’est pas aussi catastrophique qu’on nous le présente » : les 72 millions d’euros d’économies exigés pour 2027 pèsent, selon elle, 6 % du budget.
Un conseil métropolitain « exceptionnel » se tiendra en novembre pour « débattre des propositions des différents groupes politiques ». Après avoir souscrit à un projet de mandature partagé avec la nouvelle majorité, les socialistes s’apprêtent à « produire des pistes d’économie », a indiqué Mme Bost.
Dès juin, M. Cazenave — ancien ministre délégué aux Comptes publics — avait alerté sur un risque de tutelle pour la seule ville de Bordeaux, jugeant sa dette « intenable ». La préfecture de Gironde n’a jusqu’ici engagé aucune procédure en ce sens.


