Catastrophe : Troisième piratage du fisc en quelques jours !

Photo : Kevin Horvat

C’est devenu une habitude. Une honteuse, pathétique, inacceptable habitude.

Ce mardi 18 août 2026, Amélie Verdier, directrice générale des Finances publiques, a annoncé une troisième fuite de données. Après le vol massif de 678 000 dossiers fiscaux de contribuables et la compromission d’environ 200 000 données cadastrales, c’est désormais le portail des successions qui a été percé.

La « brèche » a, paraît-il, été « rapidement coupée ». Les informations exposées seraient « beaucoup moins sensibles » et proches de ce que l’on trouve dans les annonces légales. FrenchBreaches avait signalé l’existence de cette faille quelques heures plus tôt. L’entourage de David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, se contentait de renvoyer à la conférence de presse de 16 heures. Comme d’habitude.

On connaît la musique. On minimise. On relativise. On promet des audits. On « se met en ordre de bataille ». Et on présente des excuses. David Amiel a eu le front de présenter les siennes pour le précédent piratage, jugeant « insupportable » ce qui est arrivé aux Français. Insupportable, vraiment ? Alors pourquoi cela recommence-t-il immédiatement ?

Trois fuites en une semaine. Trois. Sur des systèmes censés contenir les données les plus intimes des Français : revenus, adresses, quotient familial, taux de prélèvement à la source, patrimoine, successions. Et l’on ose encore parler de « sécurisation renforcée » sous la pression de Sébastien Lecornu.

Cette série noire n’est pas un accident. C’est le symptôme d’un État qui ne maîtrise plus rien. Un État qui réclame toujours plus de données, toujours plus de transparence forcée, toujours plus de contrôle sur la vie des citoyens… et qui se révèle incapable de les protéger. Un État qui culpabilise les Français sur la facturation électronique, sur le prélèvement à la source, sur la traçabilité de tout, et qui laisse ses propres systèmes ouverts comme des granges.

Les victimes du grand vol de la semaine dernière reçoivent cette semaine des courriels de l’administration. On leur explique ce qui a été volé. On leur conseille d’être prudents. On leur dit de se méfier des usurpations d’identité. Comme si c’était aux citoyens de réparer l’incurie de Bercy.

Pendant ce temps, les responsables restent en place. On minimise l’ampleur de la troisième fuite. On explique que ce n’est « vraiment pas du tout de la même ampleur ». Comme si le fait de laisser encore des données de successions accessibles était une simple peccadille.

Assez. Assez de cette amateurisme permanent. Assez de cette arrogance technocratique qui prétend tout gérer et qui n’arrive même pas à fermer ses portes numériques. Assez de ces excuses mollement murmurées après chaque désastre.

Quand l’État ne sait plus protéger ni les impôts des vivants ni les héritages des morts, il a perdu toute légitimité à donner des leçons de responsabilité.

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Le Journal des Francais