Le 19 octobre dernier, le Louvre, symbole mondial du patrimoine français, se faisait dépouiller de bijoux historiques estimés à 88 millions d’euros, sous l’œil placide des caméras… non regardées. Trois mois plus tard, la procureure de Paris assure que « la détermination reste intacte ». Les bijoux, eux, restent introuvables.
Quatre suspects, zéro trésor
Sur le papier, l’enquête avance : quatre membres présumés du commando sont en détention, une complice présumée est sous contrôle judiciaire, de l’ADN a parlé, des scooters ont été identifiés, les trajets reconstitués, les boxes fouillés. Tout y est.
Sauf l’essentiel.
Les joyaux de la Couronne ont disparu dans la nature, peut-être dans un coffre étranger, peut-être sous une dalle francilienne, mais beaucoup plus probablement déjà démontés, revendus, fondus. Officiellement, aucune piste n’est privilégiée. Officieusement, le dossier ressemble de plus en plus à un inventaire méthodique de ce qu’on ne maîtrise plus.
Huit minutes pour humilier un monument
Déguisés en ouvriers, équipés d’une nacelle, les voleurs ont opéré en huit minutes. Pas de violence, pas de panique, pas d’alarme immédiate, pas d’intervention en temps réel.
Une caméra a bien filmé toute la scène. Simplement, personne ne regardait.
On apprend même que les suspects auraient pu être interpellés « à trente secondes près ». Trente secondes : le nouveau standard de l’impuissance administrative française.
Des failles connues depuis… 2017
Le plus embarrassant n’est pas le vol, mais ce qui l’entoure. Des audits internes alertaient depuis des années sur les failles sécuritaires du musée. Ils sont restés lettre morte.
Après le casse, on installe en urgence une grille sur la fenêtre par laquelle les cambrioleurs sont passés. Elle avait été retirée vingt ans plus tôt. Trop inesthétique, sans doute.
Dans la foulée, grève du personnel, désorganisation générale, fermeture partielle du musée, auditions au Sénat, communication crispée de la direction : le temple culturel se découvre fragile, mal protégé, mal géré, mal préparé.
Une enquête « prioritaire », vraiment ?
La procureure promet que le dossier reste « sensible et prioritaire ». Elle évoque même un possible « repentir actif » si les bijoux réapparaissent un jour, sous-entendant déjà une future négociation pénale.
Traduction : on ne sait rien et on en est réduit à « espérer ».
Pendant ce temps, le plus grand musée du monde expose au monde entier autre chose que des chefs-d’œuvre : l’image d’un pays incapable de protéger ses trésors, mais très sûr de sa communication.
Le Louvre a retrouvé ses visiteurs, ses files d’attente et ses boutiques, mais pas encore son autorité.
Ni ses bijoux.
