Le gouvernement a annoncé mardi le relèvement de 600 à 1 000 euros du plafond de la prime carburant défiscalisée que les employeurs peuvent verser à leurs salariés, ainsi qu’une prolongation et un élargissement de l’aide aux grands rouleurs.
Cette aide de 100 euros, jusqu’ici ouverte à trois millions de personnes, est prolongée jusqu’au 31 décembre et portera le nombre de bénéficiaires potentiels à 5,5 millions. Pour ceux-ci, elle « représentera l’équivalent de 40 centimes par litre de carburant pour deux mois en moyenne », a déclaré la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, également ministre déléguée à l’Énergie.
Le ministre des PME Serge Papin a détaillé le relèvement du plafond de la prime employeur lors d’une conférence de presse à Bercy. « Nous faisons ainsi de la prime carburant une aide concrète au pouvoir d’achat, actionnable par les entreprises au bénéfice de leurs salariés », a-t-il commenté, en rappelant que cette prime est aussi exonérée de charges salariales.
Les aides sur le gazole non routier (GNR) destinées au BTP et à l’agriculture sont prolongées jusqu’au 31 décembre. L’ensemble des mesures supplémentaires annoncées mardi en faveur des ménages et des professionnels représente 450 millions d’euros, a indiqué le ministre des Comptes publics David Amiel.
« Nous avons conscience que la situation est très dure pour nos concitoyens », a déclaré le ministre de l’Économie et des Finances Roland Lescure. Il a souligné que cette flambée résulte d’événements extérieurs : « c’est une situation que nous n’avons pas choisie. Elle s’impose à nous toutes et tous. »
Le gazole s’établissait mardi à 2,41 euros le litre en moyenne en France, un record. L’essence SP98 s’affichait à 2,27 euros et le SP95‑E10 à 2,17 euros.
Serge Papin a précisé que la surveillance des marges de transport et de distribution se poursuivait, « d’autant plus attentivement que les prix des produits raffinés ont augmenté ». « À ce jour, on n’observe pas d’effet d’aubaine, mais si nous venions à constater des dérapages, on prendra très vite des mesures, notamment pour encadrer les marges, tout cela est prêt », a-t-il assuré.
Il a invité les entreprises en difficulté à solliciter tôt les services de l’État pour des reports de cotisations sociales ou des étalements de dettes fiscales, et a rappelé l’existence de « prêts flash » de BPI France.
Roland Lescure a réitéré qu’il n’y avait à ce stade « aucun problème d’approvisionnement en France », avec « deux mois de visibilité », malgré des tensions sur le kérosène et le gazole.
« Il n’y a pas eu, il n’y a pas et il n’y aura pas de cagnotte », a souligné David Amiel. L’entourage de Sébastien Lecornu a indiqué mardi qu’il entendait proposer aux parlementaires d’inscrire dans le budget 2027 une « règle d’or » établissant que les surplus éventuels de TVA liés à la hausse des prix des carburants soient « neutralisés » et « restitués » aux Français. Le ministre des Comptes publics a par ailleurs redit l’opposition du gouvernement à une baisse de taxe généralisée.
Le prix du baril de Brent « est en train de redescendre et les acteurs économiques font le pari d’une amélioration », a déclaré Philippe Casbas, président du syndicat professionnel des pétroliers Ufip, sur Europe 1. Il a ajouté que, pour qu’une baisse réelle se répercute à la pompe, des signaux d’accalmie au Moyen‑Orient seraient nécessaires.


