Cadmium : les textes abaissant les seuils dans les engrais sont publiés

Un décret et trois arrêtés ont été publiés entre le 2 et le 5 octobre, fixant la trajectoire de réduction du cadmium dans les engrais phosphatés et les apports aux sols agricoles.

Actuellement autorisées jusqu’à 90 mg/kg, les teneurs devront passer à 60 mg/kg d’anhydride phosphorique à compter du 1er janvier 2027 — norme européenne en vigueur depuis 2022 —, puis à 40 mg/kg en 2028 et à 20 mg/kg en 2030. Les apports issus des engrais minéraux seront limités à 3 grammes par hectare et par an dès 2027.

Le gouvernement se réserve la faculté d’adapter ce calendrier sur la base de rapports des inspections générales, en tenant compte des données technologiques, socioéconomiques et de la sécurité d’approvisionnement. Les ministères de l’Agriculture, de la Transition écologique et de la Santé avaient annoncé la mesure le 2 octobre, en soulignant un « enjeu sanitaire particulier ». Le calendrier accélère par rapport au projet soumis à consultation publique du 26 mai au 30 juin, qui visait le seuil de 20 mg/kg au plus tard en 2038.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) recommande le seuil de 20 mg/kg depuis 2021. En mars 2026, elle exhortait à agir « dès que possible », sous peine d’« effets néfastes pour une part croissante de la population ». Quinze ans après ses premières alertes de 2011 sur la « surexposition » des Français, près de la moitié de la population et 100 % des enfants de 2 à 3 ans dépassent le seuil critique de cadmium urinaire. Les enfants français sont jusqu’à six fois plus imprégnés que les jeunes Allemands ou Italiens.

Le cadmium, « cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction », s’accumule dans les sols et se transfère aux cultures, notamment les céréales, le riz et les pommes de terre. La Finlande, la Hongrie et la Slovaquie appliquent déjà le seuil de 20 mg/kg.

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