Sur BBC Radio 4, mercredi, le Premier ministre britannique Andy Burnham a passé en revue plusieurs hypothèses pour l’avenir des liens entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Il a mentionné le maintien de la situation actuelle, une réintégration de l’union douanière ou du marché unique, « ou bien aller jusqu’au bout », autrement dit une adhésion de nouveau à l’UE.
« Nous devons examiner ce qui est réalisable », a-t-il déclaré, estimant qu’il n’était « pas satisfaisant de laisser cette question en suspens ». Il s’est abstenu d’indiquer laquelle de ces voies il privilégiait.
Au congrès du Labour, la veille, le chef du gouvernement avait fait savoir qu’il entendait exposer « différentes options » à l’occasion d’un sommet bilatéral annoncé d’ici la fin de l’année. Devenu locataire de Downing Street en juillet, après le départ de Keir Starmer, l’ancien militant anti-Brexit de 2016 a jugé, dans cette intervention, que la sortie de l’UE avait « fait plus de mal que de bien » au Royaume-Uni. Dès le début de juin, alors qu’il n’était pas encore à Downing Street, il avait dit « espérer un retour de son vivant ».
Emmanuel Macron a répondu « Welcome back ! », jugeant que « si les Britanniques veulent revenir et si le Premier ministre va dans ce sens, (…) c’est une très bonne nouvelle ».
Auprès de l’AFP, la députée travailliste Stella Creasy s’est réjouie : « Nos collègues à travers l’Europe peuvent constater qu’enfin, (…) le Royaume-Uni est prêt à aller de l’avant et à construire notre avenir commun ensemble ». Sandro Gozi, député européen et président d’une initiative parlementaire sur les relations bilatérales, a pour sa part salué une « opportunité historique ».
Richard Tice, numéro deux de Reform UK — formation nationaliste conduite par Nigel Farage —, a au contraire parlé de « trahison ».
Après le référendum du 23 juin 2016, le Royaume-Uni a quitté l’UE en 2020. Une enquête Survation parue début juin indiquait que 55 % des électeurs choisiraient le retour si un nouveau référendum était organisé.
Vainqueur des législatives de 2024, le Labour avait mis en avant un rapprochement avec l’UE tout en écartant le retour dans l’union douanière, le marché unique et la libre circulation des personnes. En mai 2025, un premier sommet bilatéral avait abouti à un « nouveau partenariat stratégique » axé sur la défense et un assouplissement des échanges commerciaux. Un second rendez‑vous est attendu d’ici la fin de l’année : mardi, Jukka Salovaara, ambassadeur de l’UE à Londres, s’est dit « confiant » quant à une tenue en novembre.
David Henig, du cercle de réflexion European Centre for International Political Economy, a confié à l’AFP que si le Premier ministre ne plaide pas encore ouvertement pour une réadhésion, c’est « en raison des craintes que cela (…) ravive les déchirements du passé ». Selon une source officielle européenne interrogée par l’AFP, la volonté de faire aboutir ce sommet demeure « bien présente », en dépit de tensions liées à la mobilité des jeunes et au soutien européen au « fabriqué en Europe ».
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