Mercredi 14 octobre, la présidence française a fait savoir qu’aucun feu vert ne serait donné au budget européen 2028-2034 en l’absence d’un « volume substantiel de nouvelles ressources propres », qualifié de « condition sine qua non ».
« On voit les limites de la proposition qui est mise sur la table avec une approche qui serait focalisée exclusivement » sur des coupes budgétaires, a déploré l’Élysée. La France a mis en avant des « propositions très intéressantes » émanant du Parlement européen, portant aussi bien sur les crypto-actifs et les paris en ligne que sur les services numériques.
Samedi, la présidence tournante irlandaise de l’UE a avancé un scénario d’économies ramenant de 140 milliards d’euros le montant initialement retenu par la Commission, en visant surtout l’aide au développement et la compétitivité. Ni Berlin ni les capitales qui l’appuient, partisans de réductions d’envergure, n’y ont trouvé leur compte ; Paris, lui, continue d’appeler de ses vœux un cadre pluriannuel « ambitieux ».
Jeudi et vendredi, le sujet doit être abordé au sommet des dirigeants à Bruxelles. Les dirigeants des institutions européennes misaient sur un dénouement avant Noël, afin de ne pas chevaucher le calendrier électoral de 2027 — présidentielle française comprise, où les sondages placent la droite nationale en tête. L’Élysée s’est refusé à prédire un éventuel accord en décembre, tout en répétant que sans apports propres d’un volume substantiel, rien ne serait possible.
« On ne peut pas dire qu’on veut un budget européen d’avenir » et « avoir des coupes massives », a souligné la présidence française, ajoutant que « les Européens ont besoin d’investir dans les technologies clés ». Au sein des Vingt-Sept, les lignes restent très dispersées. En Espagne, des législatives anticipées annoncées pour la fin novembre risquent de freiner encore le rythme des pourparlers.


