Le jeudi 1er octobre, le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) a plaidé pour un effort budgétaire « important et soutenu dans la durée », afin de « reprendre le contrôle » de la dette publique et de sauvegarder la « souveraineté financière » de la France.
Dans son avis portant sur les projets de budget de l’État et de la Sécurité sociale pour 2027, cette instance indépendante, rattachée à la Cour des comptes, estime que les finances publiques se trouvent dans une situation « très dégradée », en raison d’un endettement important associé à un déficit largement creusé.
Selon l’exécutif, 54 milliards d’euros d’effort sont mis en avant — dont 43 milliards au titre de mesures nouvelles — pour ramener le déficit public à 5 % du PIB, après un glissement prévu à 5,4 % pour l’année en cours. Qualifié de « significatif » par le HCFP, cet effort n’aboutit pourtant qu’à une baisse modérée du déficit : la charge croissante de l’endettement, amplifiée par la remontée des taux souverains, « absorbe une part importante de l’effort d’économies ».
En 2027, la dette publique grimperait à un niveau record de 121,7 % du PIB. L’exécutif calcule son effort au regard de la trajectoire spontanée des finances publiques à politiques inchangées ; le Haut Conseil retient plutôt 40 milliards d’euros une fois la charge d’intérêts écartée. Dès lors que l’on intègre le coût de la dette — appelé à croître de 12 milliards d’euros pour s’établir à 91 milliards, d’après le gouvernement —, l’effort d’économies se trouve ramené à 28 milliards.
Lors d’une conférence de presse, Amélie de Montchalin, présidente du HCFP, a déclaré : « Le Haut Conseil considère qu’il est essentiel que l’effort prévu en 2027 soit intégralement réalisé ». Elle a ajouté : « Il en va de notre capacité à reprendre le contrôle de la dette, à préserver notre souveraineté financière. Ce n’est donc pas un problème pour demain, mais bien pour aujourd’hui ». Ancienne ministre des Comptes publics jusqu’au début de 2026, elle dirige également la Cour des comptes.
Pour 2026, le scénario économique est jugé « plausible » par le Haut Conseil ; en revanche, la prévision de croissance pour 2027, établie à 1 % après 0,5 % cette année, lui paraît « optimiste ». Quant à l’objectif de faire repasser le déficit public sous la barre des 3 % du PIB en 2029, conformément à la limite européenne, il est considéré comme « très peu vraisemblable ».


