Budget 2027 : le gouvernement vise un déficit de 5 % du PIB

Les projets de loi de finances (PLF) et de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 ont été présentés jeudi 1er octobre en conseil des ministres. L’exécutif y met en avant un « budget de redressement » des comptes publics : le déficit est calé à 5 % du PIB, après 5,4 % attendus en 2026, tandis que la dette grimperait à 121,7 % du PIB.

Mi-janvier, la promesse portait encore sur un budget « offensif » et un effort d’économies de 54 milliards d’euros, dont près de 45 milliards concentrés sur 2027. Mercredi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a basculé vers la formule d’un « budget de redressement ». « Le réel nous rattrape », a-t-il indiqué sur X, en soulignant la remontée du coût de la dette. Mardi, le taux à 10 ans auquel la France se refinance a franchi 4,8 %, niveau inconnu depuis la crise financière de 2008.

Dette et trajectoire publique

Selon le ministère de l’Économie, la charge de la dette s’élèvera à 79 milliards d’euros en 2026 — dont 65 milliards pour l’État seul — puis à 91 milliards en 2027. Roland Lescure, ministre de l’Économie, a exhorté la semaine dernière à « faire des choix » pour éviter « une spirale » de la dette. Amélie de Montchalin, première présidente de la Cour des comptes, a de son côté invité la classe politique à « se réveiller » pour redresser les comptes.

Sur la base d’une croissance retenue à 1 % en 2027, l’exécutif veut ramener le déficit de la Sécurité sociale entre 12 et 13 milliards d’euros, soit quasiment une division par deux, a indiqué le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou.

Retraites, fonctionnaires et collectivités

La contribution demandée aux retraités atteint 5,5 milliards d’euros. Le gouvernement prévoit de ne plus indexer pleinement sur l’inflation les pensions au-delà de 1 260 euros, et d’abaisser de 4 439 à 3 000 euros le plafond de l’abattement fiscal de 10 % dont les retraités bénéficient pour l’impôt sur le revenu.

Les dépenses de l’État sont également ciblées. Un effort de 2,5 milliards d’euros est demandé au ministère du Travail. Le point d’indice des fonctionnaires reste gelé. Mardi, plus de 200 000 personnes ont manifesté pour le pouvoir d’achat de la fonction publique, d’après le ministère de l’Intérieur.

Côté collectivités locales, l’effort réclamé s’élève à 5,4 milliards d’euros selon les montants qu’elles ont elles‑mêmes communiqués. Elles le jugent « disproportionné » et « abusif ».

Recettes, entreprises et débats à venir

Sébastien Lecornu a écarté toute « hausse généralisée d’impôts ». Les prélèvements obligatoires doivent pourtant passer de 43,9 % du PIB en 2026 à 44,2 % en 2027, notamment via la réduction de certaines niches fiscales. Les entreprises sont mises à contribution par plusieurs leviers : restriction des exonérations de cotisations patronales, alourdissement de 800 millions d’euros de la fiscalité pesant sur les exploitants d’autoroutes et d’aéroports, et création d’une taxe sur les produits sucrés au nom de la lutte contre l’obésité — mesure à laquelle s’opposent l’industrie agroalimentaire, les confiseurs et les boulangers.

Le Parti socialiste a taxé le texte de « récessif » et « injuste ». Les discussions au Parlement s’annoncent conflictuelles, avec un risque accru de censure du gouvernement à sept mois de l’élection présidentielle.



Le Journal des Francais