Bonne nouvelle : Abdeslam reste à l’isolement

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On respire. Lundi 21 septembre, le tribunal administratif de Lille a rejeté la demande de Salah Abdeslam de lever son placement à l’isolement et de supprimer l’hygiaphone au parloir. Le dernier membre en vie du commando du 13 novembre 2015 reste donc sous le régime qu’il mérite : seul, derrière une vitre, à Vendin-le-Vieil.

Le juge des référés n’a même pas eu à chercher longtemps. Aucun élément n’était « de nature à faire naître un doute sur la légalité » des mesures prises par l’administration pénitentiaire. Fin de la discussion, pour cette fois.

Il se lamente. C’est son droit. Ce n’est pas le nôtre de céder

Le 15 septembre, en visioconférence, Abdeslam a plaidé « l’impact » de l’isolement sur son « état physique et psychique ». Puis cette phrase, rapportée par La Voix du Nord : « Ma vie n’a plus aucun sens. » Il a ajouté craindre de « perdre la dernière chose qui me reste, ma famille, qui vient de moins en moins à cause de l’hygiaphone ».

On peut l’entendre. On peut surtout se souvenir. Le 13 novembre 2015, 130 vies ont perdu tout sens d’un seul coup, au Bataclan, aux terrasses, au Stade de France. Des familles n’ont plus personne à faire venir au parloir. Lui, condamné en 2022 à la perpétuité incompressible, trouve encore le moyen de parler de « sens » et de « famille » comme s’il s’agissait d’un malentendu administratif.

Pourquoi l’hygiaphone est revenu — et y reste

Ce n’est pas un caprice. En avril, le même tribunal de Lille avait demandé un assouplissement des parloirs. En juin, il a fait machine arrière. Motifs : des menaces attribuées au détenu contre le directeur de la prison — il aurait demandé à un co-détenu s’il pouvait « envoyer deux ou trois gars » pour une « catastrophe » — et la tentative de plusieurs visiteuses, dont sa mère, de lui faire passer des produits interdits. Avant cela, en novembre 2025, une clé USB contenant de la propagande djihadiste avait déjà été découverte dans sa cellule.

L’isolement est prolongé jusqu’au 7 novembre 2026. Le verre du parloir reste. Ce n’est pas de la vengeance. C’est le minimum dû à un homme qui a participé au plus sanglant attentat de l’histoire contemporaine de la France, et qui continue, derrière les murs, à donner des signes qu’il n’a pas fini.

Arthur Dénouveau, ancien président de l’association de victimes Life for Paris, a rappelé la semaine dernière qu’une détention « forcément exceptionnelle » ne doit pas « tourner à la vengeance ». Soit. Tenir Abdeslam à l’écart des autres détenus et derrière une vitre n’est pas une vengeance. C’est une précaution. Et, pour une fois, la justice administrative l’a confirmée.

Qu’il trouve sa vie sans sens. Les 130 n’ont plus la parole pour lui répondre. Le tribunal, lui, a parlé. Debouté.

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