Blocus de lycées : Lecornu dénonce une « surenchère » d’élus LFI

Sur X lundi 28 septembre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a fustigé une « surenchère irresponsable » d’élus de La France insoumise, accusés d’appeler à étendre le mouvement de blocus des lycées. De son côté, Jean-Luc Mélenchon a accusé l’exécutif d’avoir « ordonné la répression ».

Selon le ministère de l’Intérieur, 180 lycées ont été touchés ce même jour ; les blocages et rassemblements aux abords des établissements se sont soldés par 164 interpellations. Le bilan fait état de douze blessés parmi les forces de l’ordre, de huit personnels enseignants — dont trois chefs d’établissement — et d’une douzaine de lycéens.

Pour le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, il ne s’agit « pas des mouvements de contestation très habituels » : ces actions « s’apparentent à des violences urbaines ». « On ne peut pas tolérer les débordements », a-t-il averti, tandis que l’Union syndicale lycéenne (USL) appelait à des blocus partout en France pour le mardi, journée de mobilisation de la fonction publique.

La préfecture de police recense 28 lycées brièvement bloqués en Île-de-France et dénonce des « violences inacceptables » lors des opérations visant à rétablir l’accès aux établissements. Au nombre des blessés figurent neuf policiers, une proviseure atteinte par un mortier d’artifice et une lycéenne blessée par l’explosion d’un engin artisanal à l’acide chlorhydrique.

Hors de la région parisienne, le mouvement a gagné Marseille, Lille, Grenoble, Lyon et Sedan. Dans les Alpes-Maritimes, le fonctionnement de dix établissements a été perturbé, notamment à Nice, Grasse, Cagnes-sur-Mer et Menton. La préfecture a décrit une journée « généralement dans le calme », tout en relevant dix interpellations pour jets de projectiles, tirs de mortier ou violences en réunion, ainsi que deux élèves légèrement blessés.

Depuis une semaine déjà, des lycéens franciliens multiplient les rassemblements pour dénoncer les classes et les emplois du temps surchargés, ou le manque de professeurs. Dégradations et tirs de mortiers ont émaillé certains de ces rassemblements.

« Nous sommes clairement face à des violences urbaines qui tentent de récupérer ce qui était au départ un mouvement lycéen classique et qui essaient d’introduire un court-circuit violent par rapport à ce qu’est la démocratie scolaire », a affirmé sur BFMTV le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray. Il a également évoqué « une récupération politique des blocages par des élus de la France insoumise ». Avec son homologue de l’Intérieur, il a prévenu que les forces de l’ordre interviendraient en cas de violences et de blocage total.

Auprès des recteurs, Édouard Geffray a insisté pour que soient convoqués, « d’ici la fin de la semaine », les conseils de vie lycéenne là où des occupations ou des tentatives ont marqué les derniers jours.

« Les lycéens qui se mobilisent expriment des revendications légitimes », a déclaré à l’AFP Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU. « Ils doivent pouvoir exprimer leurs revendications et leur colère dans un cadre apaisé. Les interventions sans discernement de la police ne sont pas acceptables et nous les condamnons. »

Par communiqué, la mairie de Saint-Denis — dirigée par La France insoumise — a qualifié ces revendications de « légitimes » et appelé les autorités à « venir échanger avec » les lycéens afin d’apprécier s’ils sont « instrumentalisés » ou s’ils défendent leurs conditions d’études. Le maire Bally Bagayoko s’est rendu lundi au lycée Paul-Éluard, où plusieurs centaines d’élèves s’étaient rassemblés et où des poubelles incendiées jonchaient encore le sol.

0 Commentaires


Le Journal des Francais