Le ministère de l’Intérieur a annoncé, jeudi 1er octobre, 1 949 interpellations dans le sillage du mouvement de blocage des lycées. Les faits reprochés portent surtout sur l’atteinte aux personnes dépositaires de l’autorité publique, les violences et les attroupements. La journée s’est soldée par 305 blessés parmi les policiers et gendarmes.
Sur les quelque 3 700 lycées que compte la France, 1 027 ont été touchés par le mouvement, dont 222 ont fait l’objet d’un blocage. Des dégradations ont notamment été recensées à Rouen, Strasbourg, Orléans, Saint-Étienne, Rennes, Montpellier, Bordeaux, Toulouse, Valence, Besançon, Dijon et Nice. À Nantes, un incendie a ravagé le hall d’entrée du lycée Nelson-Mandela.
À 19 heures, Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a convoqué les responsables des services de renseignement, les directeurs de la gendarmerie et de la police, ainsi que les préfets. Il a constaté « une aggravation de la situation qui n’a plus rien de l’expression légitime de revendications lycéennes mais présente désormais toutes les caractéristiques d’une situation de violences urbaines », en évoquant le pillage de magasins, les incendies de bâtiments publics et les jets de mortiers d’artifice.
Il a condamné « avec la plus grande fermeté cette violence débridée », jugeant qu’elle était « instrumentalisée en partie à des fins politiques par des élus de la République, qui, par leurs propos ou leur comportement, attisent la haine et la violence à l’égard des forces de l’ordre ».
D’après le ministère, « des dizaines voire des centaines d’individus cagoulés ont affronté les forces de l’ordre pendant plusieurs heures » sur chaque site. Ces faits et modes opératoires correspondent, selon lui, à ceux « de délinquants et de casseurs, pas d’une jeunesse qui exprime légitimement des revendications ».
Pour rétablir l’ordre, le ministre a ordonné la mobilisation des forces mobiles et l’activation des protocoles de coordination opérationnelle renforcée (Corat), qui autorisent une bascule des effectifs entre zones de gendarmerie et de police. Ces mesures ont été appliquées jeudi dans 48 départements.


