Le procureur de Reims constate qu’il y a « de moins en moins de mineurs et de plus en plus de majeurs » parmi les personnes placées en garde à vue dans le cadre des blocages de lycées.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a déclaré que 1 747 personnes avaient été interpellées vendredi 2 octobre en lien avec le mouvement. Depuis lundi, le total dépasse les 5 000.
Laurent Nuñez a indiqué que 735 établissements étaient touchés par la mobilisation, un chiffre en recul de 30 % par rapport à la veille. Aux abords de 158 d’entre eux, des violences urbaines ont été constatées, avec jets de projectiles et prises à partie visant des enseignants, des passants, des journalistes et des forces de l’ordre.
Le mouvement a débuté le 17 septembre au lycée Saint-Exupéry à Créteil avant de s’étendre à l’échelle nationale. Après s’être entretenu avec les organisateurs, le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a promis le lancement prochain d’un « plan d’action » pour accélérer le remplacement des professeurs, en particulier en première et en terminale. Sur les rythmes scolaires, il a indiqué engager « un travail de fond », tout en admettant qu’il ne serait « pas en mesure de prendre une décision pour la rentrée 2027 ».
L’Union syndicale lycéenne (USL) invite à « continuer la mobilisation » et à rejoindre « le mouvement de l’acte III mardi », journée de manifestation nationale, a précisé son président Ryad Rani. Une intersyndicale de l’Éducation nationale a demandé d’y prendre part, « y compris par la grève ».
Plusieurs incidents ont été recensés. À La Ciotat, d’après les autorités, deux individus ont aspergé d’essence un enseignant avant de l’agresser physiquement. Des affrontements entre jeunes et forces de l’ordre ont notamment éclaté à Paris et à Strasbourg, où une intervention s’est déroulée sur un campus à la demande de la présidente de l’université. À Belfort, un policier a été violemment frappé par des « émeutiers », a indiqué Laurent Nuñez.
Dans un communiqué, Amnesty International a dénoncé « l’usage disproportionné de la force » contre les manifestations lycéennes et demandé la suspension de l’usage des lanceurs de balles de défense (LBD).
Sur les 3 700 lycées que compte le pays, près de 400 n’ont pas ouvert vendredi. Jusqu’aux vacances de la Toussaint, le lycée Mandela de Nantes restera fermé : son hall d’entrée a été détruit par un incendie la veille. D’après des estimations de plusieurs régions, le coût des dégradations dans les établissements se chiffrera à plusieurs millions d’euros.


