Un lycéen de 17 ans et demi, soupçonné d’avoir pris part à l’agression d’un commandant de police à Belfort vendredi 2 octobre, a déposé plainte pour tentative de meurtre et complicité par instigation, a indiqué son avocat Arié Alimi à l’AFP. Le jeune homme se trouve en garde à vue avec une seconde personne.
« Mon client, mineur, a été victime d’une tentative de noyade par un fonctionnaire de police » qui est « visé comme auteur de la tentative par notre plainte », a affirmé M. Alimi, dénonçant « une exceptionnelle sauvagerie ». Il a assuré que « le procureur de la République a menti ».
Le parquet a abandonné la qualification de tentative de meurtre initialement retenue contre les deux mineurs, désormais poursuivis pour violences aggravées. Le placement en détention provisoire du plus âgé a été requis.
L’enquête porte sur l’agression du chef du service départemental du renseignement territorial du Territoire de Belfort, survenue en marge de mobilisations lycéennes près du lycée Courbet. L’officier, qui avait tenté d’interpeller un jeune manifestant, a brièvement perdu connaissance après avoir reçu des coups. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux le montrent projeté au sol par une personne vêtue de noir, qui lui porte plusieurs coups de poing au visage, avant qu’au moins deux autres ne lui assènent des coups de pied. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a dénoncé des images « insoutenables » et « d’une rare violence ».
L’interpellation s’est déroulée aux abords d’un ruisseau. Des vidéos filmées de loin, qui circulent en ligne, montrent le policier tentant de menotter le mineur affalé sur l’eau ; des commentaires l’accusent d’avoir immergé la tête du jeune homme. Ces images ne permettent toutefois pas de distinguer les faits. Le procureur Paul-Édouard Lallois a réaffirmé dimanche 4 octobre que rien n’indiquait une immersion de la tête. Le ruisseau mesure 19 centimètres au plus profond. « C’est l’individu qui va délibérément dans l’eau » en tentant d’échapper à l’agent, a-t-il exposé. « Tous les deux tombent dans le ruisseau, c’est pour ça que vous avez, à un moment donné, une scène avec le commandant à genoux dans l’eau et l’individu affalé sur l’eau » ; le jeune « ne peut pas être immergé dans l’eau, il n’y a pas assez d’eau pour être immergé ».
Lors des auditions, le suspect a répondu par la négative à la question de savoir s’il pensait que le policier avait tenté de le noyer. Menotté à une main, il s’était ensuite échappé ; reconnaissable à cette menotte, il figure parmi les personnes identifiées comme ayant porté des coups avant de s’enfuir.
Une première garde à vue visant un autre mineur de 17 ans n’avait donné lieu à aucune poursuite, aucun élément n’indiquant qu’il ait porté des coups.


